Du neuf dans les NOAC : bientôt un antidote du dabigatran ?
La crainte qu'ont parfois exprimée les médecins - le plus souvent des chirurgiens - devant les nouveaux anticoagulants oraux (NOAC en anglais) était de se trouver dépourvus en cas d'hémorragie chez des patients traités avec ce type de médicament. Non seulement le risque est faible en raison de leur demi-vie relativement courte (variable d'une molécule à une autre) mais encore un antidote est-il en développement, au moins pour l'un d'entre eux.
La nouvelle est en fait apparue pour la première fois au Texas, au congrès de l'AHA 2013 (Dallas). Mais les travaux ont progressé depuis lors. L'idarucizumab, un anticorps spécifiquement dirigé contre le dabigatran, s'avère capable d'inverser les effets de l'anticoagulant de manière rapide et durable. Le développement clinique de la nouvelle molécule est bien avancé. Un premier essai, qui a eu lieu avec 145 volontaires sains engagés dans une étude contrôlée contre placebo, a confirmé le potentiel d'antidote et la sécurité d'emploi de l'anticorps en question. Il fallait notamment s'assurer que cet antidote n'exerçait pas d'action pro-thrombotique.
Les chercheurs sont ensuite passés à l'évaluation chez des patients sous dabigatran. L'objectif était d'approfondir les connaissances sur le produit, notamment le délai et la durée de l'antagonisme vis-à-vis de l'anticoagulant. Il fallait aussi savoir s'il était possible de retrouver un effet anticoagulant après arrêt de l'antidote et reprise du dabigatran, et dans quelles conditions cela pouvait se faire.
Les travaux se poursuivent et une étude pivotale est en cours. Il faudra encore confirmer chez les patients la sécurité et apporter des précisions supplémentaires quant à l'efficacité. Si les résultats sont positifs, ces études constitueraient la dernière étape du développement, avant l'introduction de la demande d'enregistrement.