Un brin de molécule pourrait prédire le décès
Une équipe franco-allemande a découvert un nouveau marqueur de type ARN non codant qui permet de prédire la survie (ou le décès) des patients en insuffisance cardiaque
Les ARN longs non codants (long non-coding RNAs ou lncRNAs) constituent une nouvelle classe de molécules régulatrices de l'expression génique. On les retrouve dans les liquides biologiques mais ils n'avaient jusqu'à présent pas d'utilité diagnostique. Des chercheurs des universités de Lille et de Lille Nord ainsi que de la Hannover Medical School ont évalué leur intérêt en tant que biomarqueurs dans les affections cardiaques.
Un ARN mitochondrial
Ils ont ainsi analysé le transcriptome sur l'ARN provenant du plasma de patients présentant ou non un remodelage ventriculaire gauche après infarctus du myocarde. Les 788 patients enrôlés dans cette étude ont été répartis en trois cohortes, l'une étant composée de patients de Hanovre et les deux autres venant de Lille. Cela fait un total de plus de 30.000 ARN à étudier. Un ARN mitochondrial particulier étiqueté lncRNA uc022bqs.1 (sic) a retenu l'attention des chercheurs. Ils l'ont appelé LIPCAR, pour " Long Intergenic non-coding RNA Predicting CArdiac Remodelling ".
A confirmer, bien sûr
Le LIPCAR s'abaisse précocement après un infarctus, mais il remonte ultérieurement. Ses taux permettent d'identifier les patients qui développent un remodelage cardiaque et sont indépendants des autres marqueurs de risques associés à un éventuel décès ultérieur d'origine cardiovasculaire. Ils sont en effet corrélés au risque de mortalité à 3 ans. Les patients qui ont une augmentation très importante ont plus de risques de décéder pendant ces trois ans que ceux dont le taux de LIPCAR est faible. Les auteurs ont publié une note préliminaire à ce sujet dans Circulation Research. Ils reconnaissent que la pertinence de ce marqueur reste à confirmer dans de plus larges études.