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Thrombo-embolie veineuse et oestrogènes

Il ne semble pas y avoir de raison de prolonger outre mesure l'anticoagulation chez les femmes qui ont subi une première thrombo-embolie veineuse sous traitement oestrogénique. Le risque de récidive est faible.

Dr Jean-Marie Segers - 3 juin 2014

On se pose beaucoup de questions sur la durée nécessaire d'une anticoagulation dans toute une série de circonstances. C'est notamment le cas à propos des femmes qui ont été victimes d'une thrombo-embolie veineuse associée à la prise d'oestrogènes.

Utilisatrices et non-utilisatrices
Dans une tentative de contribuer à apporter une réponse à cette question, Eischer et al. (Autriche) ont entrepris une étude prospective concernant 630 femmes, parmi lesquelles 333 utilisaient des oestrogènes, alors que les 297 autres n'en prenaient pas. Toutes étaient victimes d'une première thrombo-embolie veineuse. Elles ont été suivies pendant 69 mois en moyenne après l'arrêt de leur traitement anticoagulant. Les critères d'exclusion étaient l'existence préalable d'une thrombo-embolie veineuse avant celle qui marquait leur entrée dans l'étude, les cas de thrombo-embolie secondaire, de déficience en inhibiteur de la coagulation, d'anticoagulation lupique, de cancer, de grossesse et les anomalies innées du système de la coagulation. Le critère d'évaluation principal était la récidive de thrombo-embolie veineuse objectivement documentée.

Apparemment peu de bénéfices
Cette récidive est survenue chez 7% des utilisatrices d'oestrogènes et chez 17% des non-utilisatrices. Au bout de 1, 2 et 5 ans, la probabilité de récidive était respectivement de 1%, 1% et 6% chez les utilisatrices et 5%, 9% et 17% chez les autres. Cela fait pour les femmes sous oestrogènes, un risque relatif ajusté de récidive, de 0,4 par rapport aux autres. En opérant une distinction entre celles qui prenaient de telles hormones à titre contraceptif et celles qui les utilisaient dans le cadre d'un traitement substitutif de la ménopause, les auteurs ont obtenu un risque relatif de 0,4 pour les premières et 0,7 pour les secondes. Ils concluent donc que le risque de récidive chez les femmes qui ont subi une première thrombo-embolie veineuse au cours d'un traitement comprenant des oestrogènes est faible. Il est donc peu probable qu'elles tirent un avantage d'une anticoagulation prolongée.

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