De la tête aux pieds, en passant par où il faut ...
Il n'y a pas que dans le coeur que les cathéters se promènent. Non seulement des succès ont été remportés dans les artères intracrâniennes ou dans les membres inférieurs, mais encore au niveau de l'artère ... pénienne dans les troubles de l'érection.
Puisqu'on peut déboucher ou dilater une artère coronaire, pourquoi ne pourrait-on pas le faire dans d'autres artères ? C'est le raisonnement qu'on tenu plusieurs cardiologues interventionnistes et ils sont passés aux actes. Toutes sortes de résultats ont été rapportés à EuroPCR.
C'est dans la tête
Ce n'est pas la première fois qu'on intervient dans les vaisseaux intracrâniens par voie transcathéter. Les neuroradiologues en ont une certaine expérience depuis quelques années. Mais à entendre O. Gotekin parler du registre des AVC de l'Université Bezmialem Vakiv d'Istambul, il y a une place pour les cardiologues dans la prise en charge de ce type d'accidents. Ceux-ci étant plus nombreux que les neuroradiologues interventionnistes, ils offrent une accessibilité supérieure à celle de ces derniers. Son échantillon reprend 38 patients d'un âge moyen de 60 ans, traités en deux ans, avec un taux de succès de 89%. Comme on pouvait s'y attendre, il conclut de son étude que ce sont les patients qui sont traités précocement, avec une occlusion proximale et un infarctus cérébral de faible dimension, qui bénéficient le plus de la thrombectomie accompagnée d'un traitement avec rTPA. Une approche multidisciplinaire est certes avantageuse, mais les facilités offertes par la cardiologie interventionnelle devraient être plus largement utilisées.
Là où cela ne va plus
Sachant que l'une des causes majeures de la dysfonction érectile est l'athéromatose de l'artère pénienne, Wang et al. (Taiwan) ont été les premiers à s'aventurer à réaliser une angioplastie par ballonnet chez 22 patients montrant à l'angio-CT des sténoses isolées uni- ou bilatérales de cette artère. L'âge moyen de ces patients était de 61 ans, mais avec un range s'étendant de 48 à 79 ans. Le score de fonction érectile IEFF-5, très utilisé par les urologues, s'est amélioré en passant de 10 ± 5,2 à 15,2 ± 6,7 à un mois, en se maintenant à six mois. Le taux de succès clinique à un mois était de 75% et il était de 60% à six mois. Il n'y eut aucun événement indésirable au cours du follow-up de six mois. Les auteurs concluent non seulement que la technique est faisable, mais qu'elle est couronnée de succès dans 60% des cas.
Jusque dans les pieds
Dans les membres inférieurs également, comme cela s'est déjà fait auparavant, des interventions sont possibles. Mais il y a du neuf. Gandini et al. sont parvenus chez 21 patients de tout âge porteurs d'artériopathie avec une lésion de la fémorale et/ou de la poplitée sur une longueur d'au moins 80 mm au CT, à libérer sur place à l'aide d'une technique faisant appel aux ultrasons et au ballonnet à libération de substance active, une dose de paclitaxel et d'améliorer ainsi la circulation. A 30 jours, les patients étaient indemnes d'événements cardiovasculaires majeurs. A six mois, le taux de resténose n'était que de 5% et aucun n'avait dû être amputé, la circulation étant satisfaisante. A 12 mois, un patient était décédé.