La mitrale s'y met aussi
Les premiers essais de remplacement transcathéter de la valvule mitrale ont fait leur apparition. Bien évidemment, des résultats ont été présentés à Paris. En voici deux exemples.
Des tests très préliminaires de faisabilité ont été conduits chez deux patients avec la valve TIARA (Neovasc, Canada), qui n'est encore commercialisée nulle part dans le monde. Les données résultant de ces deux cas ont été rapportées par Anson Cheung (Vancouver) au cours d'une session intitulée " First in man and novel interventional approaches ". Comme dans les implantations transcathéter de valve aortique, il s'agissait de deux patients à haut risque chirurgical. Ils étaient atteints de régurgitation grave de la mitrale. Le cathéter a été introduit par voie intercostale au travers d'une petite incision, puis à travers le myocarde. La durée de mise en place était courte (12 et 20 minutes, respectivement) et la durée totale de l'intervention fut de 1h30 dans les deux cas. Dans les deux cas, la valve s'est bien comportée et n'a pas connu de fuite latérale.
Un jour seulement
Le premier patient avait 73 ans et présentait une régurgitation mitrale majeure et plusieurs comorbidités graves, notamment une insuffisance cardiaque terminale et une insuffisance rénale. Il était à risque chirurgical extrêmement élevé. L'implantation a amené une cessation complète de la régurgitation mitrale. A deux mois, la valve était bien fonctionnelle à l'échographie et ne montrait pas de régurgitation. Il est décédé au bout de trois mois des suites de ses insuffisances cardiaque et rénale, mais les médecins ont estimé que la cause du décès était sans relation avec la valve et son implantation.
Le second des deux patients était relativement jeune (60 ans). Immédiatement après la mise en place de la valve, la régurgitation avait disparu. Le volume d'éjection avait augmenté et la pression pulmonaire avait diminué. Les suites ont été sans particularité et le patient est rentré chez lui après un jour. Au cours du suivi échographique de deux mois, la valve s'est avérée parfaitement fonctionnelle. Les symptômes se sont nettement améliorés et le patient était passé en classe NYHA II, alors qu'il venait d'une classe III/IV.
Sélection sévère
Une autre valve de chez Edwards, la valve FORTIS, a fait l'objet d'une évaluation préliminaire des premiers essais chez l'homme. Les quelques données disponibles, portant sur quatre patients seulement, ont été livrées par Vinayak Bapat (Londres), également au cours d'une session " late breaking ". Il s'agissait cette fois d'évaluer la faisabilité et les quatre patients porteurs d'une régurgitation mitrale majeure et souffrant d'une dyspnée majeure et de comorbidités multiples. Ils avaient donné leur consentement éclairé pour recevoir la valve à titre compassionnel. Trois de ces personnes sont décédées entre le jour 4 et le jour 76 post-opératoires. Le quatrième était toujours en vie au jour 76 et un cinquième vient d'être opéré. Outre la réponse positive à la question de la faisabilité, une des conclusions majeures de ces premières tentatives est qu'il faut affiner fortement la sélection des patients.