Diabète et coeur : encore un mauvais coup pour les femmes
Les femmes atteintes de diabète ont un risque accru de 40 à 50% de décès cardiovasculaire que les hommes diabétiques et cela ne semble pas s'expliquer par une différence de traitement
Une équipe internationale a réalisé une méta-analyse reprenant les études prospectives de cohorte menées entre le 1er janvier 1966 et le 13 février 2013, qui fournissaient une estimation du risque relatif lié au sexe, d'accidents coronaires associés au diabète. Ils ont retrouvé dans la littérature 64 publications de ce type, totalisant 858.507 personnes et 28.203 accidents ou incidents coronaires. *
Dans tous les sous-groupes
Au terme de leurs calculs, ils ont conclu que le risque relatif d'être victime d'un tel événement était de 2,8 pour les femmes diabétiques par rapport aux non-diabétiques. Le même risque relatif était de 2,16 pour les hommes. Cela fait une différence de 44% entre les deux sexes. Les auteurs ont pris la peine de vérifier s'il n'y avait pas une trop grande hétérogénéité entre les études qu'ils avaient prises en considération et leurs calculs ont révélé que ce n'était pas le cas.
On sait que la prise en charge des troubles coronaires est malheureusement différente entre les hommes et les femmes et que cette différence est au désavantage des femmes. Pourtant, elle ne suffit pas, selon les auteurs de la présente méta-analyse, à expliquer l'entièreté du surplus de risque. Ces résultats ne sont pas réellement nouveaux , mais l'ampleur de l'étude actuelle vient appuyer avec une puissance particulièrement appréciable aux travaux précédents, qui avaient déjà conclu à une différence du même ordre de grandeur. Cette différence se retrouve dans les analyses de sous-groupes, qu'il s'agisse de stratifier les patients selon l'âge, la localisation géographique ou le caractère fatal/non fatal des événements cardiaques encourus.
Une vitesse différente ?
Quant aux mécanismes qui sous-tendent cette différence, ils sont encore loin d'être compris. Mais il semble que l'aggravation des facteurs de risque progresse plus vite chez la femme que chez l'homme. Pourquoi ? Cela reste encore à explorer.