Les pilotes sont-ils à risque de TEV ?
Il serait logique de penser que les pilotes, qui " prennent l'avion " plus souvent que n'importe qui, sont plus à risque de thrombo-embolie veineuse. Il n'en est rien, selon une étude néerlandaise.
On connaît le syndrome de la classe économique. Il est dû à une station assise prolongée en l'absence de mouvements suffisants des membres inférieurs. Mais on oublie souvent que dans les avions, d'autres personnes que les passagers sont dans une situation équivalente : ce sont les pilotes. Eux aussi peuvent être sujets à un risque accru de thrombo-embolie veineuse. Dans une étude qu'ils ont mise sur pied, Kuipers et al. (Pays-Bas) ont interrogé 2.630 pilotes sur la survenue d'une thrombo-embolie veineuse, la présence de facteurs de risque et leur nombre d'heures de vol par an et par poste. Les résultats ont été comparés avec les données correspondantes de la population néerlandaise et avec celles d'employés d'organisations internationales qui prenaient fréquemment l'avion.
Moins que les autres
L'ensemble des pilotes interrogés totalisait 20.420 personnes-années de suivi. Six thromboses veineuses seulement furent rapportées, ce qui fait une incidence de 0,3 pour 1.00 personnes-années. Le score de morbidité standardisé, rapporté à la population néerlandaise et ajustée pour l'âge, était de 0,8. Et par rapport aux employés des institutions internationales, il était de 0,7 si on considérait tous les employés et de 0,6 si on ne prenait en compte que ceux qui voyageaient beaucoup. L'incidence des thromboses veineuses n'augmentait pas avec le nombre d'heures de vol ni avec le grade.
Une bonne affaire
Les auteurs concluent donc sans hésiter que le risque de thrombo-embolie veineuse n'est pas augmenté chez les pilotes. C'est une bonne chose non seulement pour eux mais aussi pour nous, passagers potentiels.