Ablation par cathéter, oui mais ...
Deux auteurs font le point sur l'ablation par voie de cathéter dans la fibrillation auriculaire. Ils attirent l'attention sur la gravité de complications qui sont rares mais qui imposent de bien peser la décision, non seulement dans le chef du médecin mais aussi au travers d'une discussion avec le patient. Il n'y a là rien de nouveau mais cet article est une aide à la réflexion.
On connaît la place de l'ablation par cathéter dans le traitement de la fibrillation auriculaiire. De nombreuses études ont montré sa supériorité par rapport aux traitements pharmacologiques antiarythmiques, dans la maîtrise de la fibrillation. Il a été montré également que l'ablation augmente de manière appréciable la qualité de vie des patients concernés, en particulier lorsqu'il s'agit de fibrillation paroxystique ou s'ils souffrent de comorbidités.
De la théorie à la pratique
Les guidelines proposent l'ablation comme traitement de premier choix chez certains patients mais Haegeli et Calkins, le premier exerçant en Suisse et le second aux USA, estiment que ces patients sont rares dans leur pratique clinique. En théorie, l'ablation par cathéter est indiquée chez les patients en fibrillation auriculaire non symptomatique chez lesquels une ou plusieurs tentatives effectuées avec des médicaments antiarythmiques ont échoué. Les progrès réalisés en la matière ces dernières années sont remarquables. Mais devant la réalité des risques qu'elle comporte (fistule auriculo-oesophagienne, AVC et tamponnade cardiaque notamment), il faut rappeler que les complications sont rares et que les statistiques manquent à ce propos.
Réfléchir et discuter
Devant cette réalité, Haegeli et Calkins attirent l'attention sur la nécessité de bien peser la décision, en concertation avec le patient.