Bradycardie épisodique prodromique
Le coeur peut attirer l'attention du médecin sur l'éventualité d'une atteinte neurologique grave à l'état subclinique. Ce genre de situation n'est pas fréquent mais il n'est pas sans intérêt d'en connaître l'existence.
La protéine Lgi 1 (leucine-rich glioma inactivated protein 1), intervient dans le fonctionnement de certains canaux potassiques voltage-dépendants du système nerveux central, les VGKC (voltage -gated kalium channels). On a décrit des auto-anticorps contre ces canaux dans certaines formes d'encéphalite. Certains d'entre eux sont dirigés contre la protéine Lgi 1.
Des prodromes cardiaques
Dans un rapport de cas récemment publié par le Jama Neurology, Nassan et al. décrivent 3 patients faisant partie d'un groupe de personnes atteintes d'encéphalite. Ces trois individus (deux hommes et une femme) étaient porteurs de ces anticorps et atteints d'encéphalite. Ces patients avaient présenté une bradycardie épisodique environ deux mois avant le déclenchement de leur encéphalite. L'anomalie du rythme cardiaque s'était avérée suffisamment sévère pour justifier la mise en place d'un pacemaker. Au moment où l'atteinte encéphalique s'est manifestée, la sérologie avait déjà montré la présence d'anticorps anti-Lgi 1 dans les cas où les médecins avaient pris la peine de demander le test. Ils étaient également en hyponatrémie mais aucun des trois ne présentait de trouble de type épileptique ni de tumeur maligne. De tels troubles en effet sont parfois des syndromes paranéoplasique mais ce n'était pas le cas des patients décrits ici. La résonance magnétique cérébrale était anormale dans deux cas sur les trois.
Affaire à suivre
Par la suite, plus aucun épisode de bradycardie ne se manifesta tout au long du suivi, qui s'étala de 1,7 à 7 ans, selon les patients. Des travaux doivent se poursuivre pour mieux comprendre de type de trouble.