Une montre suisse pour un pacemaker sans pile
La présentation de l'ingénieur suisse Adrian Zurbuchen, ce week-end, lors de l'European Cardiologic Society à Barcelone mérite certainement le prix de l'originalité. Se basant sur l'idée - pas vraiment neuve, mais assez géniale, il faut l'avouer - que le courant électrique nécessaire pour faire fonctionner un pacemaker pourrait être généré par les contractions cardiaques elles-mêmes, il a fabriqué un dispositif expérimental à partir du mécanisme automatique d'une montre... suisse s'entend.

A première vue, cela peut sembler un bricolage un peu artisanal, mais si elle peut être développée et transposée à l'homme, l'expérience positive d'Adrian Zurbuchen (Centre d'ingénierie cardiovasculaire ARTORG, Université de Berne, Suisse) pourrait avoir des applications particulièrement intéressantes. Dans les pacemakers actuels, la 'pile' constitue le talon d'Achille du dispositif. Elle doit être remplacée - et avec elle l'ensemble du corps du pacemaker - après quelques années, ce qui nécessite une intervention chirurgicale relativement banale mais qui n'est pas exempte de morbidité, est désagréable pour le patient et surtout occasionne un surcoût important. La mise au point de sources alternatives d'énergie qui ne devrait pas être stockée mais produite continuellement, serait une avancée majeure dans ce domaine.
Une source d'énergie continue
L'idée développée par les Suisses consiste à récolter l'énergie continue produite par le muscle cardiaque en se contractant par l'intermédiaire du mécanisme d'une montre automatique classique. " Les contractions répétitives du muscle cardiaque qui sont présentes 24h/24 et 7j/7 constituent une source d'énergie très intéressante ", explique Adrian Zurbuchen, qui souligne en passant la fiabilité reconnue du mécanisme d'une montre automatique.
Simple mais génial
Les chercheurs ont mis au point un appareillage dérivé du mécanisme d'une véritable montre automatique qui a été fixé au coeur d'un porc. Le principe de fonctionnement est le même: lorsqu'il est soumis à une accélération externe, la masse excentrique de la montre commence à tourner. Cette rotation tend le ressort mécanique de la montre. Lorsque le ressort est complètement chargé, il se déroule et fait fonctionner un micro-générateur électrique. Dans le modèle expérimental suisse, l'appareillage a été fixé par suture après sternotomie, à la partie antéro-apicale du ventricule gauche. Cet appareillage de récolte de l'énergie a ensuite été connecté à un pacemaker unichambre réalisé par les chercheurs et une sonde de stimulation épicardique unipolaire a été utilisée pour administrer les stimuli au pacemaker.