Où placer les défibrillateurs externes ?
La survie des patients victimes d'un arrêt cardiaque hors de l'hôpital sur fibrillation dépend de la rapidité de la défibrillation, donc de l'accessibilité des défibrillateurs externes. C'est une évidence mais il n'y avait pas encore eu d'étude d'implantation de ces dispositifs salvateurs.
Pour rendre le service qu'on attend d'eux, les défibrillateurs externes doivent être rapidement accessibles. Ils doivent être disposés en des endroits facilement repérables et reconnaissables, aussi proches que possible du lieu de l'accident. On peut donc envisager des bâtiments publics, des stations de métro, des pharmacies, etc. Mais quel est l'idéal? Un seul type d'emplacement doit être retenu pour que le public sache où s'adresser. Mais lequel ?
A quelques mètres près
Ben Dahan, médecin urgentiste et géographe, a fait l'étude à Paris. Au sein d'une équipe composée de médecins, géographes, mathématiciens, etc., il a mis au point un modèle qui permet de calculer la distance moyenne entre les lieux de survenue des arrêts cardiaques réellement survenus entre 2000 et 2010, d'une part et les points d'implantation des défibrillateurs externes, d'autre part. Il en ressort qu'à Paris, cette distance médiane est de 1.052 mètres pour les mairies d'arrondissement, 324 m pour les bureaux de poste, 239 pour les stations de métro, etc. Dans la ville lumière, ce sont les pharmacies qui non seulement, sont les points d'implantation les plus nombreux (1.466), mais encore sont quasiment les plus proches (142 m) des endroits où sont survenus des arrêts cardiaques. Seules les stations de partage de vélos (type " villo" chez nous) sont (à peine) plus proches : 137 m. Mais elles sont beaucoup moins nombreuses (957), ce qui est un désavantage.
Eviter l'anarchie
Certes, ces calculs ne sont valables que pour Paris. Mais le modèle mathématico-géographique existe dorénavant et peut être appliqué à n'importe quelle cité. Ainsi, à l'avenir, l'emplacement des précieux appareils ne se fera plus sur base du simple bon sens, ce qui aboutit un peu à l'anarchie. Mais, insiste Dahan, cela ne dispense pas de placer d'autres appareils dans des lieux stratégiques tels que centres sportifs, théâtres, gares et autres grandes écoles.