Et pourquoi pas à domicile ?
Les techniques modernes de télécommunication permettent, depuis plusieurs années déjà, de suivre à distance les patients porteurs d'un défibrillateur implantable. Mais les organismes assureurs ne suivent pas.
La télémédecine existe maintenant depuis une dizaine d'années et il est parfaitement possible, comme chacun sait, de surveiller à distance les défibrillateurs cardiaques implantables. Dans le même temps, les coûts d'hospitalisation ont explosé et les gestionnaires de la santé publique souhaitent voir diminuer ces coûts chaque fois que possible. Dès lors, pourquoi ne pas recourir davantage au contrôle à distance ?
D'abord savoir
Avant de se lancer dans une telle modification des pratiques, il faut déterminer si, contrairement aux présomptions logiques, cette nouvelle manière ne coûte pas plus cher que la manière habituelle. Un groupe international de chercheurs, dont fait partie le Pr Hein Heidbuchel (Hasselt) a entrepris une étude en économie de la santé afin d'en savoir plus. Le Pr Heidbuchel a présenté les résultats de cette étude au congrès de l'ESC, au nom de l'ensemble des chercheurs qui y ont participé.
L'étude EuroEco (European Health Economic Trial on Home Monitoring in ICD Therapy) est parvenue à la conclusion que l'impact financier d'un suivi à domicile par monitoring est équivalent à celui du suivi au cabinet pour ce qui concerne les coûts des médecins, les coûts hospitaliers et les charges des organismes assureurs. Mais il persiste de grandes différences d'un pays à l'autre en ce qui concerne les charges financières auxquelles doivent faire face médecins et hôpitaux, en raison des inégalités flagrantes de remboursement, suivant les systèmes de santé.
L'heure de négocier
Et pourtant, a commenté Hein Heidbuchel en présentant l'étude, les coûts totaux pour les organismes assureurs ne sont pas augmentés dans le cas du monitoring à domicile par rapport à l'hôpital. Le nombre des hospitalisations est diminué et la durée d'hospitalisation des patients bénéficiaires est raccourcie. Il serait donc urgent d'entamer des discussions permettant d'instaurer des conditions de remboursement qui favorisent le suivi à domicile. L'étude EuroEco est accessible dans l'European Heart Journal.