Dans l'ambulance, c'est mieux
La dualité d'options, qui marque la différence de conception dans la prise en charge des patients par les équipes d'urgence, entre les deux côtés de l'Atlantique, trouve une réponse quand il s'agit d'administrer des antiagrégants plaquettaires avant PCI.
Faut-il embarquer le patient le plus vite possible à l'hôpital en cas d'urgence ou au contraire lui administrer d'abord des soins de base ? Outre-Atlantique, la tendance penche plutôt vers la première option, tandis qu'en Europe, c'est la seconde qui prévaut.
Une demi-heure
L'étude Atlantic (Administration of Ticagrelor in the cathLab or in the Ambulance for New ST elevation myocardial Infarction to open the Coronary artery) porte sur 1.862 patients frappés de STEMI depuis moins de six heures. Ils ont été randomisés pour recevoir du ticagrelor dans l'ambulance ou à l'hôpital ou pour recevoir un placebo, en plus d'aspirine et du traitement standard. La dose de charge administrée dans l'ambulance aux patients du premier groupe avant transfert était de 180 mg. A l'hôpital, un placebo leur fut administré. Pour le deuxième groupe, ce fut l'inverse, (placebo avant transfert et ticagrelor 180 mg à l'hôpital). Le délai moyen écoulé entre la randomisation et la coronarographie était de 30 minutes, et la différence moyenne entre le temps d'administration en ambulance et le temps d'administration en hôpital était de 31 minutes.
Efficace et sûr
Pour le critère d'évaluation primaire, à savoir l'absence de résolution de l'élévation du segment ST de plus de 70%, les résultats furent équivalents dans les deux groupes : 42,5% dans le groupe " ambulance " contre 47,5% dans le groupe " hôpital ". Le taux d'événements cardiovasculaires majeurs était également comparable d'un groupe à l'autre. Par contre, le taux de thrombose sur stent s'est avéré inférieur dans le groupe pré-hospitalier par rapport au groupe hospitalier : 0% vs 0,8% à 24h et 0,2% vs 1,2% à 30 jours. Enfin, le taux de saignements majeurs était faible et comparable dans les deux groupes, ce qui démontre la sécurité de la manoeuvre. L'étude ATLANTIC, présentée au congrès par Giles Montalescot (Paris), est publiée dans le New England Journal of Medicine.