Convaincre et soutenir les patients tabagiques
Il reste difficile de convaincre les patients fumeurs d'arrêter leur tabagisme. Profiter de leur séjour à l'hôpital et les suivre après leur sortie pourrait s'avérer plus efficace que le faire à d'autres moments. Mais il ne faut pas s'y prendre n'importe comment.
Il semblerait qu'une hospitalisation puisse fournir aux fumeurs l'occasion de quitter leur mauvaise habitude. Mais des études suggèrent que les démarches entreprises auprès de ceux-ci ne sont vraiment efficaces que si elles se prolongent après le retour à domicile.
Des appels réguliers
Une étude randomisée a comparé les suites d'un programme d'aide à l'abstinence tabagique comprenant des interventions à domicile après le retour du patient, à celles d'un programme classique. L'étude était randomisée et comprenait 397 patients qui fumaient quotidiennement. Leur âge moyen était de 53 ans et il y avait 48% d'hommes. Ils avaient exprimé le souhait de s'arrêter de fumer. Les interventions post-hospitalières consistaient en des appels vocaux interactifs automatiques par téléphone, répétés jusqu'au troisième mois. Dans le programme prolongé, on leur rappelait l'intérêt de l'abstinence, on les aidait dans la prise des médicaments et ils étaient éventuellement sélectionnés pour recevoir des conseils plus personnalisés. Les autres patients recevaient recommandations et conseils avant leur sortie d'hôpital, sans plus.
Un meilleur taux de succès
A chaque appel, les patients recevant le programme prolongé demandaient plus de conseils et utilisaient mieux les aides pharmacologiques que ceux de l'autre programme. A six mois, le maintien de l'abstinence pendant au moins une semaine, attesté par des tests biochimiques, était supérieur avec le soutien post-hospitalier (26% des patients) qu'avec le programme classique (15%). Et la poursuite de cette abstinence de manière autonome était plus souvent réussie (27% vs 16%). Un début de prise en charge en cours d'hospitalisation et la poursuite du soutien au-delà de celle-ci donne donc de meilleurs résultats que le simple traitement pendant le séjour en clinique.