Les micronutriments et le coeur
Les taux sériques de magnésium, phosphore et calcium pourraient-ils servir de marqueurs prédictifs de l'insuffisance cardiaque ? A voir, mais a priori l'idée ne semble pas saugrenue.
L'insuffisance cardiaque est une cause importante de morbidité et de mortalité, en particulier chez les personnes âgées. Mais dans la recherche des troubles associés, on ne s'est sans doute pas assez intéressé au statut des patients en certains micronutriments.
Une imposante cohorte
Partant de ce constat, Lutsey et al. (USA) ont repris les données des patients enrôlés dans l'étude ARIC (Atherosclerosis Risk in Communities) et ont cherché à savoir si l'insuffisance cardiaque n'était pas plus fréquente chez les personnes qui présentaient de faibles taux sériques de magnésium, et celles dont le taux sérique de phosphore et de calcium était élevé. Ils ont ainsi passé en revue les dossiers de 14.709 Afro-Américains et Caucasiens âgés de 45 à 64 ans lors de leur enrôlement en 1987-1989 et les ont suivis jusqu'en 2009.
Des constats suggestifs
Au total, 2.250 cas incidents de décompensation cardiaque sont survenus au cours d'un suivi médian de 20,6 ans. Chez les participants qui se trouvaient dans les tranches inférieures de taux sériques de magnésium (≤ 1,4 mEq/L), par rapport à ceux qui étaient dans les tranches supérieures ( ≥ 1,8 mEq/L), le risque de décompensation était 1,71 fois supérieur.
Pour le phosphore, il semble exister un seuil à partir duquel le risque augmente. Des concentrations élevées en calcium étaient également associées à un risque plus important. Les patients appartenant au quintile le plus élevé avaient un risque 1,24 fois plus important par rapport aux patients appartenant au quintile le plus bas. Reste à savoir si ces ions peuvent servir de marqueur du risque d'insuffisance cardiaque.