Pour améliorer les pontages
Certains écueils rencontrés dans les pontages coronaires avec greffons veineux peuvent être atténués.
On sait que les pontages coronaires réalisés avec des greffons veineux finissent à la longue par présenter des lésions athéroscléreuses sténosantes voire même par s'obstruer. Les chercheurs sont dès lors depuis longtemps à la recherche de solutions permettant d'améliorer cette évolution. On peut bien entendu recourir à des greffons artériels mais des données obtenues in vitro et sur modèles animaux suggèrent que des manoeuvres peropératoires de préservation devraient permettre de mieux protéger la fonction endothéliale et diminuer le risque d'échec de la greffe veineuse.
Tamponner la solution, c'est mieux
L'étude PREVENT IV est une étude randomisée de phase 3, multicentrique et en double aveugle, contrôlée contre placebo, qui porte sur 3.014 patients opérés pour pontage coronaire dans 107 centres américains entre le 1er août 2002 et le 22 octobre 2003. Les greffons qu'ils ont reçu ont été préservés à l'aide d'une solution saline, de sang ou d'une solution physiologique tamponnée. La proportion d'évaluations angiographiques du greffon réalisées un an après l'intervention, ainsi que le taux de décès, d'infarctus et de revascularisation à cinq ans, ont été enregistrées.
Les patients dont le greffon avait été préservé au moyen d'une solution physiologique tempérée ont dû subir nettement moins d'angiographies (Odds ratio 0,59) que ceux dont le greffon avait été maintenu en solution saline simple (OR 0,63) ou dans du sang (OR 0,62). La solution saline tamponnée avait également tendance à engendrer un moindre risque d'infarctus à 5 ans, de décès ou de revascularisation post-infarctus que la solution saline simple (rapport de risque 0,81), ou le sang (rapport de risque 0,81).
Un devenir potentiellement amélioré
Les auteurs concluent que cette solution tamponnée est de nature à mieux préserver le devenir à long terme du greffon et, par voie de conséquence, celui du patient.