Si jeunes et si mal partis
Des chercheurs italiens pensent avoir trouvé l'origine du risque cardiovasculaire chez les enfants d'âge préscolaire en surpoids.
Jusqu'à présent, on n'avait pas beaucoup de données permettant d'expliquer le lien entre adiposité et résistance à l'insuline, d'une part, facteurs de risque cardiovasculaire au moment où apparaît une obésité ou un surpoids, d'autre part. Une équipe de chercheurs s'est donc mise à examiner de plus près des enfants d'âge préscolaire au moment où l'excès de poids commençait à se produire. Entre le 1er juuillet 2011 et le 30 juillet 2012, 5729 dossiers d'enfants romains âgés de 2 à 5,8 ans ont été examinés par 13 pédiatres de famille. Une adiposité de novo, caractérisée par un changement de BMI dans les 12 mois précédents, est apparue chez 597 de ces enfants.
Pour l'ensemble de la population pédiatrique étudiée, le pourcentage d'excès pondéral est passé de 7% à l'âge de 2 ans, à 16,9% à l'âge de 5,8 ans. L'obésité a progressé dans le même temps de 1,1% à 2,9%. Sur les 597 enfants obèses, 219 ont été étudiés plus en profondeur. Les pédiatres ont découvert parmi eux 39% de porteurs d'au moins une anomalie métabolique. Il y avait 13,2% d'enfants hypertendus, 25,1% d'hyperlipidémiques et une altération de la glycémie à jeun était déjà présente chez 3,2%. L'intolérance au glucose était installée chez 2,7% et 31,1% avaient une NAFLD (non-alcoholic fatty liver disease).
Malgré une exposition de court terme au surpoids, l'avenir cardiométabolique de ces enfants qui n'étaient même pas encore entrés à l'école primaire était déjà compromis. Même si ce constat ne fournit en réalité aucune explication physiopathologique, il constitue un dramatique avertissement, non seulement pour le monde médical mais aussi pour les parents.