Diabète et hypertension
Un traitement anti-hypertenseur efficace chez le diabétique de type 2 reste bénéfique à long terme si l'on considère les décès pour toute cause et pour cause cardiovasculaire.
Au congrès de l'European Association for the Study of Diabetes (EASD) qui vient de se tenir à Vienne du 15 au 19 septembre, les auteurs de l'étude ADVANCE ont présenté des résultats à long terme de cette étude. Pour rappel, ADVANCE incluait 11.140 patients diabétiques de type 2 hypertendus, qui ont été randomisés entre l'association indapamide/perindopril et placebo, d'une part, entre contrôle glycémique intensif et contrôle conventionnel d'autre part. Le critère primaire combinait les décès et les évènements macrovasculaires majeurs. Après 4,3 ans de suivi, on notait une réduction significative du nombre de décès pour cause cardiovasculaire et pour toute cause chez les patients sous traitement antihypertenseur actif. Mais le traitement antidiabétique intensif, avec pour cible une hémoglobine glyquée inférieure à 6,5%, ne faisait pas de différence avec le traitement conventionnel.
Atténuée mais persistante
Les résultats à plus long terme présentés à l'EASD concernaient 8.494 patients, qui ont pu être suivis pendant une durée médiane de 5,9 ans au niveau de leur pression sanguine, et de 5,4 ans pour leur diabète. Il n'a pas été noté de différence entre les deux groupes pour la pression sanguine ni pour le taux d'hémoglobine glyquée. La différence mise en évidence dans les premiers rapports de l'étude, concernant le critère " décès et décès pour cause cardiovasculaire ", a commencé à s'atténuer avec le temps. Mais elle restait significative à la fin du suivi à long terme. Le " hazard ratio " (HR) était de 0.91 (IC 95% 0.84 - 0.99; P = 0.03) pour les décès de toute cause et de 0.88 (IC 95% 0.77 - 0.99; P = 0.04) pour les décès de cause cardiovasculaire. Au total, cette étude retrouve donc un bénéfice à long terme du traitement antihypertenseur intensif chez les patients diabétiques.