Exercice physique et insuffisance cardiaque
Rien ne sert de courir ? Si, mais à condition de partir à temps, c'est-à-dire avant d'être malade. L'activité physique a un effet préventif sur l'insuffisance cardiaque.
Une activité physique adaptée est recommandée aux patients souffrant d'insuffisance cardiaque et on en connaît les bénéfices. Mais les bienfaits de l'exercice face à cette pathologie vont bien plus loin : il peut contribuer à la prévention de son apparition.
Se disant que la relation entre le niveau d'activité physique et le risque d'insuffisance cardiaque est mal connue, Andersen et al. (Suède) ont dépouillé les questionnaires auxquels avaient répondu 39.805 personnes indemnes d'une telle insuffisance. Ils ont analysé les résultats et ont ainsi évalué l'impact de l'activité physique totale et de loisir déclarée par ces personnes, sur le risque de décompensation pour toute cause et pour cause non ischémique.
Une activité plus importante est apparue associée à un plus faible risque de décompensation pour toute cause. Entre le cinquième quintile (le plus actif) par rapport au premier, le hazard ratio (HR) était de 0,54 (CI 95% 0,44 - 0,66) pour l'activité physique de loisir. Pour l'activité physique quotidienne totale, l'effet était moins prononcé mais on avait tout de même un HR de 0,81 (CI 95% 0,69-0,95). Il y a donc une relation inverse entre l'exercice physique - surtout celui de loisir - et le risque de développer une insuffisance cardiaque. Dans la presse grand public, cette constatation s'est traduite par des titres du genre " l'activité physique sauve des vies ". Il faut bien reconnaître que ce n'est pas faux.