Infarctus et fibrillation auriculaire
Quelles sont les relations entre infarctus et fibrillation auriculaire ? On sait que le premier est facteur de risque de la seconde. Mais la fibrillation peut-elle être facteur de risque d'infarctus ?
Pour savoir si la fibrillation peut dans certains cas favoriser la survenue d'un infarctus du myocarde, Soliman et al. (USA) ont suivi prospectivement une cohorte de 23.928 individus résidant aux USA et indemnes de maladie coronaire au moment de leur entrée dans l'étude. Ces personnes étaient entrées dans l'étude REGARDS entre 2003 et 2007 et furent suivies jusqu'en décembre 2009. L'étude REGARDS avait trait à la distribution géographique et ethnique de l'AVC.
Deux fois plus
Au cours d'un follow-up médian de 4,5 ans, les auteurs ont enregistré 648 infarctus. Dans un modèle statistique socio-démographique, ils ont pu calculer que la fibrillation auriculaire était associée à un facteur multiplicateur d'environ deux du risque d'infarctus. Même après ajustement pour le cholestérol total, le HDL, le statut tabagique, la prise d'hypotenseurs, le BMI, le diabète, l'usage de certains médicaments et de nombreux autres facteurs connus de risque d'infarctus, l'association restait significative (HR 1,7 ; CI 1,26-2,30). Même des paramètres biologiques tels que la filtration glomérulaire, le rapport albumine/créatinine ou la CRP ont été pris en compte, sans que cela supprime la relation. En analyse de sous-groupes, l'association était encore plus forte pour les femmes (HR 2,16) que pour les hommes (HR 1,39) et pour les individus de race noire (HR 2,53) que pour ceux de race blanche (HR 1,26). Mais il n'y avait pas de différence entre les plus âgés et les plus jeunes.
Une raison de plus
Les auteurs concluent donc à une association indépendante entre la fibrillation auriculaire et le risque d'infarctus. C'est une raison de plus, disent-ils, pour sensibiliser le public à cette anomalie du rythme cardiaque.