Remodelage électro-anatomique et fibrillation
Une étude approfondie des modifications électro-anatomiques précoces chez les patients hypertendus permettrait peut-être d'intervenir plus tôt pour prévenir la fibrillation auriculaire chez des patients.
L'hypertension est l'un des facteurs de risque les plus importants de fibrillation auriculaire. Il semble que le remodelage de l'oreillette droite lié à l'excès de pression y soit pour quelque chose. Yin et al. (Chine) ont recherché les modifications électro-anatomiques des oreillettes droite et gauche, ainsi que des veines pulmonaires, chez des patients dont la pression sanguine est trop élevée.
Des constats inattendus
Ils ont mené dans ce but une étude observationnelle prospective de patients subissant une ablation pour tachycardie supraventriculaire ou pour fibrillation auriculaire paroxystique. Au cours du cathétérisme, les phénomènes électrophysiologiques normaux et anormaux se produisant dans les régions d'intérêt ont été caractérisés. Les aspects anatomiques et hémodynamiques ont également été suivis de près à l'échographie et au CT.
Par rapport aux patients normotendus présentant une tachycardie supraventriculaire paroxystique (n= 17), il est ainsi apparu que les patients hypertendus atteints, eux aussi, de tachycardie supraventriculaire paroxystique (n = 15) présentaient au niveau des veines pulmonaires des modifications associées à une susceptibilité accrue à la fibrillation auriculaire: potentiels électriques " event related " significativement raccourcis mais avec dispersion accrue, temps de conduction allongé, augmentation du diamètre des veines pulmonaires. Ces anomalies étaient plus marquées encore chez les patients présentant une fibrillation auriculaire paroxystique. Mais le diamètre et l'indice volumique de l'oreillette gauche ne différaient pas entre ces groupes.
Une perspective intéressante
Bien sûr, reconnaissent les auteurs, le nombre de patients est limité et il n'est pas sûr qu'ils soient suffisamment représentatifs de l'ensemble de la population des patients hypertendus. Des études ultérieures sont donc nécessaires. Mais l'existence de modifications survenues avant que les oreillettes elles-mêmes ne modifient leurs dimensions permettrait tout de même, si cela se confirme, de mieux comprendre la physiopathologie de la fibrillation et conduirait peut-être à des interventions plus précoces. C'est là une perspective intéressante.