Un médicament dans l'hypertension réno-vasculaire ?
La connaissance de la physiopathologie de l'hypertension réno-vasculaire et celle de la pharmacodynamie des inhibiteurs de la phosphodiestérase 5 pourraient ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques.
Il n'est pas très difficile de créer un modèle expérimental de l'hypertension réno-vasculaire : il suffit de clamper une des deux artères rénales chez l'animal d'expérience. Cette manoeuvre active le système rénine-angiotensine et provoque une hypertension avec dysfonction endothéliale. Dias et al. (Brésil) ont démontré chez la souris les effets bénéfiques intra-rénaux d'un inhibiteur de la phosphodiestérase 5 sur les hauts taux d'angiotensine II et d'espèces réactives oxygénées, ainsi que sur l'hypertension de l'animal.
Un pas à franchir
De là à postuler que cet inhibiteur améliore la fonction endothéliale dans l'hypertension, en améliorant la balance entre radicaux oxygènes et NO, il n'y avait qu'un pas. Les mêmes auteurs, Dias et al., l'ont franchi en testant l'hypothèse. Ils ont traité avec l'inhibiteur de la PDE5 des souris chez lesquelles ils avaient au préalable induit une hypertension par clampage d'une artère rénale. Le traitement pharmacologique a duré deux semaines, au terme desquelles les peptides angiotenseurs plasmatiques et intra-rénaux ont été dosés, tandis que la fonction endothéliale était mesurée dans le territoire artériel mésentérique.
Une réelle amélioration
Les taux plasmatiques d'angiotensine I et II et d'angiotensine(1-7), un peptide biologiquement actif qui contrecarre les effets de l'angiotensine II, ont été mesurés. Les taux intra-rénaux des mêmes peptides ont été mesurés également. Après ligature de l'artère, les premiers étaient normaux, tandis que les seconds, pour ce qui concerne l'angiotensine I et l'angiotensine II, étaient augmentés par rapport aux animaux témoins. L'inhibiteur a normalisé les taux d'angiotensine I et II dans le rein mais a augmenté les taux plasmatique et intra-rénal d'angiotensine(1-7). La dysfonction endothéliale initiale, liée à un excès de radicaux oxydants et à une baisse de production du NO, s'est améliorée sous l'effet du médicament.
Un bon candidat ?
Les auteurs suggèrent en conclusion que l'inhibiteur de la phosphodiestérase 5 pourrait être un bon candidat au traitement de l'hypertension accompagnée d'une dysfonction endothéliale et d'une atteinte rénale. Reste à le confirmer et à le vérifier chez l'homme.