Foramen ovale et AVC
On a dit par le passé que la persistance d'un foramen ovale était facteur de risque d'AVC. D'où la tentation de le fermer lorsqu'on le découvre. Mais ce n'est pas si simple.
Allison Wolffe et Mim Ari (USA) rapportent dans le Jama Internal Medicine le cas d'un patient de 65 ans atteint de BPCO, hypertendu et en hyperlipémie. Il a un antécédent d'hospitalisation pour aphasie et dysarthrie, qui avait conduit au diagnostic d'infarctus dans le territoire de l'artère cérébrale moyenne gauche. Il avait reçu du TPA et son cas avait pris une tournure favorable sur le plan neurologique. Le seul déficit qui lui restait à titre de séquelle était un engourdissement de trois doigts de sa main droite, avec des répercussions sur sa dextérité. Mais cela aussi s'était arrangé avec un traitement adapté.
Une cause évidente ?
Restait à trouver la cause de son AVC et au terme d'une série d'examen, une persistance du foramen ovale lui fut trouvée. Son cardiologue plaidait en faveur d'une fermeture percutanée de cet orifice pour éviter une récidive d'AVC. Le patient y était favorable, bien qu'il ignorât le taux d'efficacité, ainsi que les risques liés à ce type d'intervention. Il est vrai que certains accidents cérébrovasculaires ont une origine cryptogénique et que l'on a évoqué dans certains cas l'éventualité d'un thrombus veineux passé à travers un foramen ovale persistant et ayant gagné la grande circulation. Mais, insistent les auteurs, le rôle du foramen ovale n'est pas tout à fait clair. Et sa fermeture, quelle que soit la technique utilisée, n'est pas dénué de risques.
Fermer, oui mais ...
Les premières méta-analyses ont suggéré une diminution des récidives d'AVC après fermeture mais les résultats des dernières études ne vont pas dans ce sens. Quant aux conséquences indésirables de la fermeture, il faut compter dans leur rang la fibrillation auriculaire, elle-même facteur de risque d'AVC. C'est dire que la décision de fermer un foramen ovale persistant n'est pas aussi simple que cela à prendre.