Angor et insuffisance cardiaque : risques accrus
L'association d'une insuffisance cardiaque et d'un angor n'est pas une bonne chose pour le devenir du patient. Il risque plus d'accidents coronaires et d'hospitalisations.
L'angor n'est pas rare chez les patients en insuffisance cardiaque avec fraction d'éjection diminuée mais la relation entre cet état et le devenir du patient n'est pas bien établie. Une étude rétrospective concernant cette relation au sein de la cohorte du Controlled Rosuvastatin Multinational Trial in Heart Failure (CORONA) vient d'être publiée en ligne dans l'European Heart Journal par Badar et al. (UK).
Trente-trois mois
Les auteurs ont réparti en trois catégories 4.868 patients, selon qu'ils ne présentaient pas d'antécédents d'angor ni d'insuffisance cardiaque à leur entrée dans l'étude (groupe A, n = 1240), qu'ils avaient des antécédents d'angor mais pas d'insuffisance cardiaque (groupe B, n = 1353) ou qu'ils souffraient déjà des deux affections (groupe C, n= 2285) à leur entrée dans l'étude. Les suites ont été analysées pour la survie dans une courbe de Kaplan-Meier et une régression selon le modèle de Cox.
Les données obtenues couvrent une durée moyenne de 33 mois. Par comparaison avec le groupe A, le groupe C présentait un risque accru d'infarctus non fatal ou d'angor instable (Hazard Ratio 2,36 ; IC 1,54-3,61 ; p< 0,001). En ajoutant le risque de revascularisation coronaire à ce premier composite, le HR passait à 2,54 (IC 1,76-3,68 ; p< 0,001). Et si on considérait le risque d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque, on obtenait un HR de 1,35 (IC 1,13-1,63 ; p= 0,001). Il n'y avait pas de différence pour la mortalité cardiovasculaire ni la mortalité de toute cause. Le groupe B, quant à lui, avait un moindre risque d'événements coronaires mais pas d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque.
Etre plus agressif ?
Les auteurs concluent donc que les patients en insuffisance cardiaque à fraction d'éjection diminuée avec angor intercurrente sont à risque accru, tant d'événements coronaires que d'hospitalisation pour leur insuffisance cardiaque. Reste à savoir si ces patients bénéficieraient davantage d'un traitement médical plus intense ou d'une attitude plus interventionniste de revascularisation percutanée.