Trop de sucre nuit au myocarde
Encore un constat : l'hyperglycémie est associée à une atteinte subclinique du myocarde. Et cela commence même bien avant que le diabète ne soit diagnostiqué. Pas facile à détecter, dès lors...
On connaît les conséquences macrovasculaires du diabète et leurs répercussions sur la circulation cardiaque, notamment. Mais on pense par ailleurs que l'hyperglycémie, via une atteinte microvasculaire dans le territoire coronaire, est responsable d'une atteinte du myocarde lui-même. Toutefois, cet éventuel mécanisme physiopathologique reste mal connu et plus encore lorsque l'individu n'en est encore qu'au stade d'hyperglycémie avant d'être vraiment diabétique.
Un marqueur très sensible
C'est la raison pour laquelle Selvin et al. (USA) se sont efforcés de distinguer une éventuelle association entre le diabète et le prédiabètee, d'une part, l'incidence d'une atteinte myocardique subclinique au cours d'un suivi de six années, d'autre part. Pour détecter une atteinte éventuelle de ce type, ils ont eu recours à la mesure de la troponine cardiaque de haute sensibilité (hs-cTnT). La population qu'ils ont étudiée était initialement indemne de maladie cardiovasculaire. Ils ont également examiné l'association entre la troponine hautement sensible et la maladie coronaire, la décompensation cardiaque et la mortalité chez les individus diabétiques et non diabétiques.
Risque nettement accru
Les résultats ont montré que la probabilité cumulative de voir apparaître un taux augmenté de troponine hs était de 3,7% pour les non-diabétiques. Chez les prédiabétiques, cette probabilité était de 6,4% et elle était de 10,8% chez les diabétiques. Les personnes souffrant de diabète et présentant une troponine augmentée avaient un risque accru de maladie coronaire (Hazard Ratio 3,84 ; IC 95% 2,52 - 5,84), d'insuffisance cardiaque (HR 6,37 ; IC 95% 4,27-9,51) et de décès (HR 4,36 ; IC 3,14-6,07) par rapport à celles qui n'avaient pas de diabète et n'avaient pas vu leur taux de troponine augmenter au cours du suivi. Les auteurs concluent à l'existence d'effets néfastes de l'hyperglycémie sur le myocarde, avant même que le diabète ne soit reconnu. Les individus porteurs d'atteinte myocardique subclinique sont à risque accru d'événements et de décès cardiovasculaires.