Tous les Français ne sont pas égaux
L'inégalité des Français dont il est question ici ne renvoie pas à l'hymne national de nos voisins mais à un constat concernant les disparités régionales de la mortalité cardiovasculaire prématurée en France.
Le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire français a récemment publié les résultats d'une étude concernant la mortalité prématurée pour les cardiopathies ischémiques (CPI ), les maladies cérébrovasculaires (MCV), l'insuffisance cardiaque (IC) et l'embolie pulmonaire (EP ), en 2008-2010, et leur évolution dans le temps.
DOM-TOM plus, DOM-TOM moins
Les auteurs du rapport disent avoir extrait leurs données des bases de données nationales des causes médicales de décès. Ils ont ensuite standardisé ces données pour obtenir des taux moyens annuels régionaux. L'évolution, depuis 2000-2002, des chiffres ainsi obtenus a été analysée. Ce sont les régions du Nord-Pas-de-Calais, de Picardie, de Haute-Normandie, de Champagne-Ardenne, d'Auvergne et du Limousin qui présentaient les taux les plus élevés. Autrement dit encore, ces taux étaient supérieurs à la moyenne nationale. Et les départements d'Outre-Mer présentaient une mortalité supérieure à celle de la métropole pour les maladies cérébrovasculaires, l'embolie pulmonaire et l'insuffisance cardiaque. Quant à l'évolution, si on constate globalement depuis 2000-2002 une diminution de la mortalité pour les affections considérées, le recul n'est pas équivalent pour toutes les régions, une fois de plus. Ce sont les régions de Rhône-Alpes et d'Alsace qui en ont le plus bénéficié, avec des diminutions de l'ordre des 30% pour un recul moyen de 21,7%. Mais cette fois, les territoires d'Outre-Mer bénéficiaient d'un recul appréciable, atteignant souvent les bénéfices les meilleurs des régions métropolitaines.
La prévention plus que jamais
Parmi les facteurs susceptibles d'expliquer cette disparité, les auteurs citent le niveau socio-économique, l'offre de soins, la qualité de la prise en charge, ... mais il ne s'agit là que d'hypothèses. En tout état de cause, des études complémentaires sont nécessaires pour établir la responsabilité éventuelle de ces facteurs. Et la prévention reste plus que jamais à l'ordre du jour.