Le coeur du patient cancéreux
La chimiothérapie anticancéreuse est loin d'être toujours inoffensive pour le coeur. Une importante mise au point concernant les moyens et connaissances actuels permet de mieux suivre le patient atteint de cancer et soumis à la chimiothérapie.
Dans un " position paper " publié récemment par l'European Heart Journal - Cardiovascular Imaging, un groupe international d'experts fait part de son consensus concernant la problématique de l'évaluation des patients adultes en imagerie multimodale pendant et après un traitement anticancéreux. Ce panel d'experts réunissait des oncologues et des cardiologues. Signalons au passage que du côté des cardiologues, notre confrère et compatriote le Pr Patrizio Lancelotti faisait partie de cet aréopage.
Echographié sous toutes ses coutures
Dans les paragraphes consacrés à la dysfonction cardiaque liée aux traitements anticancéreux, le rapport s'attache en premier lieu à caractériser et à classer les différentes formes de toxicité et à expliquer leur mécanisme. Les auteurs énoncent ensuite une série de recommandations pour l'évaluation échocardiographique des coeurs gauche et droit, tant sur le plan fonctionnel que sur le plan structurel, ainsi qu'au niveau des valvules et du péricarde. Ils discutent ensuite les apports respectifs et les limites des différentes modalités de l'échocardiographie (2D, 3D, contraste, stress...).
Toutes modalités intégrées
La recherche d'une dysfonction ventriculaire gauche subclinique est ensuite envisagée. Qu'il s'agisse d'un trouble systolique ou diastolique, différents aspects et différentes méthodes sont ainsi envisagés. L'intérêt de biomarqueurs est également pris en compte et l'intégration des données qu'ils fournissent à celles de l'imagerie est discutée. Enfin, les autres modalités de l'imagerie (ex. l'imagerie nucléaire et résonance magnétique) sont elles aussi discutées, notamment pour le monitoring en cours de traitement de la cardiotoxicité de la chimiothérapie. Finalement, une approche intégrée de toutes les situations et de toutes les modalités est envisagée. L'ensemble fait de ce rapport un instrument précieux pour guider le cardiologue dans son accompagnement du patient cancéreux.