Bienheureux les mous
Ne pas avoir de calcifications des artères coronaires est un gage de risque cardiovasculaire à 10 ans nettement moindre que dans le cas contraire. On s'en doutait un peu mais une étude vient de le confirmer.
Eh oui, cela existe, des patients sans calcium sur leurs coronaires. C'est du moins ce que vient d'expliquer à l'AHA Parag Joshi (USA). Mais le véritable objet de sa communication était en fait de dire que ces personnes-là avaient un risque 46% moindre d'événements cardiovasculaires à 10 ans que ceux ayant des calcifications, fussent-elles minimales.
Le poids des facteurs
L'équipe de Baltimore au nom de laquelle Joshi présentait des résultats a suivi pendant 10 ans les données de la Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis (MESA). Ils ont ainsi pu calculer que 3.415 individus présentant un score de calcification nul avaient subi 2,9 événements cardiovasculaire pour 1.000 personnes-année. Dans le groupe des individus dont le calcium score se situait entre 1 et 10, les 500 personnes ont eu à déplorer 5,5 événements de ce type pour 1.000 personnes-année. La différence est statistiquement significative et on peut en déduire que les patients au score se situant entre 1 et 10 ont, elles, un risque cardiovasculaire de 86% plus élevé que si le score est nul.
Le tabagisme et l'hypertension, comme on le savait, sont au premier rang des facteurs de risque indépendants dans l'ensemble de la population étudiée. Mais les fumeurs sont eux-mêmes au moins trois fois plus exposés. Et l'hypertension multiplie le risque par 10 chez ceux qui ont un score calcique entre 1 et 10. L'absence de calcifications coronaires, conclut Joshi, est indicateur d'un faible risque prospectif, quels que soient les autres facteurs de risque, y compris le diabète et les antécédents familiaux de maladie coronaire. C'est d'autant plus important que le calcium score est aisé à obtenir et qu'il est largement accessible. Reste à savoir tout de même, dans notre pays, quelle est la place qu'on est prêt à donner à une évaluation pronostique de ce type.
Guider et rassurer ?
L'orateur, lui, y voit un moyen de guider le choix thérapeutique et de rassurer les médecins et les patients qui ont précisément un faible risque cardiovasculaire. Mais il reconnaît, comme il se doit, que des études plus avancées sont nécessaires pour pouvoir déterminer dans quelle mesure cette notion peut être incorporée à la prise de décision thérapeutique. Il faudra aussi évaluer le rapport coût/bénéfice d'une détermination du score calcique dans le cadre d'une prévention primaire.