Un petit coup de jeune pour le coeur
L'idée de régénérer le tissu cardiaque infarci avec des cellules souches est loin d'être nouvelle. Mais les résultats se font attendre. Une étude de phase I a tout de même été présentée à Chicago. Les résultats sont encourageants.
L'étude ALLSTAR (Allogenic Heart Stem Cells to Achieve Myocardial Regeneration) est un essai clinique de Phase I faisant appel, comme le dit son nom, à des cellules souches cardiaques sous une forme particulière appelée cardiosphère pour les injecter en intra-coronaire. Une des grandes particularités de ces cellules est qu'elles sont allogéniques. Et c'est la première fois qu'on utilise des cellules allogéniques de ce type chez l'homme. Mais les résultats obtenus chez 14 patients âgés entre 40 et 66 ans victimes d'un infarctus antérieur soit récent (28 à 90 jours), soit ancien (91 à 365 jours) ayant entraîné une dysfonction ventriculaire gauche, a montré sa faisabilité et sa sécurité. Il faut préciser qu'il s'agissait d'infarctus entreprenant au moins 15% de la masse ventriculaire. Au départ de l'étude, les patients avaient une fraction d'éjection moyenne de 42%.
Pas de réaction majeure
Des anticorps spécifiques du donneur étaient présents chez quatre d'entre les receveurs avant l'administration des cellules souches mais un cas s'est résolu tandis que les trois autres étaient toujours positifs à six mois. Par ailleurs, des anticorps sont apparus chez quatre autres receveurs après l'administration des cellules souches. Trois cas se sont résolus dans l'année, tandis que le dernier persistait dans son statut mais les taux d'anticorps chez ces quatre patients étaient en réalité faibles. Aucune réponse immunitaire de type cellulaire n'est survenue. Il n'y a pas eu non plus de récidive de l'infarctus, d'hospitalisation en urgence ni d'autre événement cardiaque majeur.
En route pour la phase II
Forts de ces données encourageantes, les auteurs ont décidé d'aborder la phase II, qui enrôlera cette fois 300 patients. L'objectif de la phase II sera de confirmer la sécurité du traitement et d'évaluer sa capacité à diminuer l'ampleur de la cicatrice myocardique.