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La nuit n'est pas toujours bonne conseillère

Des variations nocturnes insuffisantes de la pression sanguine peuvent laisser présager d'une évolution défavorable sur le plan cognitif à l'âge moyen.

Dr Jean Andris - 2 décembre 2014

C'est entendu, les personnes dont la pression diastolique nocturne reste élevée et dont la pression systolique ne diminue pas normalement la nuit sont plus à risque cardiovasculaire que les autres. On connaît aussi l'association probable entre hypertension et démence. Mais ce qu'on ne savait pas encore, c'est que le profil tensionnel anormal décrit plus haut, lorsqu'il se présente chez le jeune adulte, est associé à des troubles cognitifs à l'âge moyen. C'est pourtant la conclusion d'une sous-étude de l'étude CARDIA (Coronary Artery Risk Development in Young Adults). C'est le jeune confrère japonais Yuichiro Yano, en séjour de formation à Chicago, qui en a présenté les résultats.

Détérioration lente
Les chercheurs qui ont réalisé ce travail ont eu recours aux données de monitoring ambulatoire de la pression artérielle disponibles pour la cohorte de l'étude précitée. Cela concernait 224 patients âgés de 30 ans en moyenne (45% d'hommes ; 63% d'Afro-américains). Le groupe a été suivi pendant 20 ans dans six centres de consultation. Une échelle de mesure des capacités fonctionnelles cognitives a été utilisée tout au long de ce suivi. La vitesse de fonctionnement de la composante opérationnelle de la mémoire a également été évaluée, ainsi que la mémoire verbale.

Les participants ont été répartis en quatre quartiles en fonction de la valeur initiale d'un indice de chute nocturne de la pression sanguine calculé par les auteurs de l'étude. En analyse de régression, il est apparu que le quartile le moins " plongeur " et à la pression diastolique nocturne la plus élevée avait le moins bon score de fonctionnement opérationnel, même après ajustement pour les paramètres démographiques et cliniques. Cela témoignait d'une détérioration fonctionnelle.

Valeur ajoutée
La conclusion de Yano et ses collègues est que cela donne une dimension supplémentaire - s'il en fallait encore - au recours au monitoring ambulatoire en cas de doute sur la pression mesurée au cabinet. En plus de son intérêt sur le plan cardiovasculaire, il permet de repérer des individus potentiellement à risque de ralentissement cognitif dans le futur.

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