Chirurgie cardiaque et perception de la santé
A côté des comorbidités, une moins bonne perception de soi et de sa propre santé peut constituer un facteur d'allongement du séjour hospitalier et du séjour en soins intensifs après chirurgie cardiaque.
Un patient se rend rarement à l'intervention sans ressentir au moins une petite pointe d'anxiété. Et celle-ci peut être d'autant plus importante que l'intervention est plus lourde. Du côté médical, les indices ne manquent pas, estime-t-on, pour considérer que l'angoisse, la dépression ou même d'autres traits psychologiques ont des répercussions sur l'issue d'une intervention de chirurgie cardiaque.
A la recherche d'une relation
Restait à étudier une relation éventuelle entre les uns et l'autre. C'est ce qu'on fait Cserép et al. (Hongrie, USA, Pays-Bas) en se demandant s'il existait une relation entre la durée du séjour en soins intensifs et à l'hôpital, d'une part, différents paramètres psychologiques, d'autre part. Ces cliniciens et psychologues ont donc enrôlé dans une étude prospective 267 patients en attente de chirurgie cardiaque élective et ont enregistré leurs données sociodémographiques, médicales et périopératoires. Ces patients avaient répondu à des questionnaires psychosociaux, en moyenne 1,56 jour avant leur opération. Le critère d'évaluation primaire était un séjour en soins intensifs d'au moins trois jours et un séjour hospitalier d'au moins 10 jours.
Importance de l'auto-perception
Quatre de ces patients sont décédés à l'hôpital et 38 (14,5%) sont restés plus de 3 jours en soins intensifs. Près des deux tiers (62%) ont séjourné plus de 10 jours à l'hôpital. L'analyse des résultats a montré que la perception la moins bonne de sa santé, le sentiment le plus faible de bonheur, une décompensation cardiaque post-opératoire et des complications post-opératoires étaient les facteurs associés à un plus long séjour en soins intensifs. Un séjour hospitalier de plus de 10 jours était associé, quant à lui, à l'existence d'une BPCO, au stade NYHA, à la durée de l'intervention, au sexe féminin et à une faible estime de soi.