Quand gènes et environnement complotent ensemble
Certaines mutations peuvent prédisposer à l'infarctus. Et si de surcroît, le porteur est diabétique, cela frôle la catastrophe.
Le devenir cardiovasculaire des patients diabétiques préoccupe beaucoup les chercheurs, et on comprend pourquoi. Une étude cas-contrôle menée par un groupe chinois s'est intéressée au polymorphisme génétique d'un gène du chromosome 9 et à ses implications dans le risque d'infarctus du myocarde. En fait, on avait déjà signalé une implication possible dans la maladie coronaire mais les études précédentes n'avaient pas précisé si cette association allait jusqu'à concerner l'infarctus du myocarde.
Passés au crible
Les auteurs chinois ont donc étudié 502 patients atteints d'infarctus du myocarde et 308 contrôles. Les données démographiques, les habitudes de vie et leurs caractéristiques cliniques ont été recueillies et un génotypage a été effectué. L'association entre les polymorphismes d'un seul nucléotide et le risque d'infarctus a été recherchée par analyse de régression non conditionnelle. Les interactions gène-environnement ont également été analysées.
Cumul de risques
Après ajustement pour différents facteurs covariants, il est apparu que le polymorphisme étudié (rs10757274) était associé de manière significative à l'infarctus. Le remplacement d'une adénine ou de deux par une guanine sur la position étudiée était en cause (odd ratio 1,52 pour un remplacement unique et 2,40 pour un double remplacement). Et l'interaction entre ce gène et l'environnement, en l'occurrence le diabète de type 2, a pu être confirmée avec une valeur prédictive de 59,18%. La présence de la maladie augmente le risque de plus de 4 fois par rapport à ceux qui ne l'ont pas.