Le prédiabète fait déjà des dégâts
Nous connaissons tous les désastreuses conséquences du diabète de type 2 sur les artères coronaires. Mais le prédiabète a-t-il des conséquences similaires ?
Piveta et al. ont étudié 514 patients non diabétiques qui devaient subir une coronarographie à l'hôpital de Sao Paulo. Leurs origines ethniques étaient très variées, reflétant l'hétérogénéité de la population brésilienne. Les raisons de la coronarographie étaient diverses, elles aussi (angor stable, stress test, mise au point avant chirurgie, ...). Les données cliniques et l'histoire médicale des patients ont été recueillies. Un échantillon sanguin a été prélevé chez ces patients avant la coronarographie, après une nuit à jeun. La glycémie, l'insulinémie et l'HbA1c ont été mesurées, ainsi que les taux de lipides, la TSH et la créatinine. La filtration glomérulaire estimée a été calculée, de même que la résistance à l'insuline et la sécrétion des cellules bêta.
Question de critères
Les individus porteurs d'un prédiabète avaient une fréquence de maladie coronaire comparable à celle des personnes qui avaient une tolérance normale au glucose, qu'ils aient été repérés sur base de leur glycémie à jeun ou sur base de leur HbA1c. Mais la corrélation entre ces deux paramètres est faible. Identifiés par leur glycémie, les prédiabétiques avaient une plus forte résistance à l'insuline que les personnes dont la tolérance au glucose était normale. Identifiés par leur hémoglobine glyquée, ils avaient une plus grande fréquence de risque cardiovasculaire (selon les critères de Framingham) supérieure à 20%, d'hypertension artérielle, et de dyslipémie que le groupe de référence (tolérance normale au glucose). Le prédiabète était également associé à un plus grand nombre de lésions coronaires, mais uniquement lorsqu'on les détectait sur base de l'HbA1c.
Deux conclusions
Les auteurs tirent deux conclusions. D'abord, l'HbA1c est plus efficace dans le repérage du prédiabète que la glycémie à jeun. Ensuite, le prédiabète est associé à un haut risque cardiovasculaire chez les personnes subissant une coronarographie.