Hypertension résistante et insuffisance cardiaque
Une hypertension résistante est facteur de mauvais pronostic chez les hypertendus. Mais qu'en est-il chez les insuffisants cardiaques ?
Jin et al. (Chine) se sont demandé si l'hypertension résistante influençait le pronostic des patients en insuffisance cardiaque. Ils ont donc analysé la survie à un an et le taux de réhospitalisation de 1.288 patients consécutifs admis en hôpital académique, soit pour une insuffisance cardiaque nouvellement diagnostiquée, soit pour une exacerbation d'une insuffisance déjà connue. La notion d'hypertension résistante est celle d'une pression sanguine non contrôlée malgré une bonne compliance à un traitement comprenant au moins trois médicaments. Cela concernait au total 13,7% des patients suivis.
Pas de différence
Les auteurs n'ont pas noté de différence dans la mortalité pour toute cause, la mortalité cardiovasculaire et les réhospitalisations en rapport avec l'insuffisance cardiaque, entre les patients avec hypertension résistante et ceux qui n'en avaient pas. Mais l'analyse a révélé que le diabète (hazard ratio 1,62) et la natrémie (si > 139 mmol/l ; HR = 1,54) étaient liés de manière indépendante à la résistance de l'hypertension. Curieusement, les patients présentant une hypertension résistante avaient une survie légèrement supérieure à un an (96,9% vs 83,8%) bien que cette différence ne soit pas significative. Chez ceux qui avaient une diminution de la fraction d'éjection, le taux de réhospitalisation en rapport avec l'insuffisance cardiaque était significativement plus faible parmi les patients ayant une hypertension résistante.
Un rôle protecteur ?
Les auteurs concluent que l'hypertension résistante n'est pas associée à une aggravation du pronostic chez les patients en insuffisance cardiaque. Elle pourrait même avoir un effet protecteur contre le risque de réhospitalisation chez les patients qui ont une fraction d'éjection diminuée.