Un nouveau rôle pour les cellules souches ?
En octobre dernier, une patiente française avait reçu des cellules cardiaques dérivées de cellules embryonnaires incorporées dans un gel déposé sous forme de patch à la surface du coeur après un infarctus. L'auteur de cet exploit s'en explique dans la presse scientifique.
Dans un article publié online par la revue " Current Opinion in Cardiology " en décembre 2014, le Pr Philippe Ménasché (France), qui a réalisé l'exploit d'utiliser des cellules cardiaques pour traiter un infarctus, commente quelque peu la problématique. Il y a là un changement de paradigme, explique-t-il. Bien que l'objectif initial du recours aux cellules souches ait été le remplacement physique des cellules mortes, on sait aujourd'hui que cette démarche est peu réaliste en raison de la forte proportion de ces cellules qui ne survivent pas. Il faut donc s'efforcer d'ouvrir d'autres voies.
Même si elles étaient allogéniques ?
Ménasché pense que l'action des cellules souches consiste avant tout à stimuler des voies de signalisation endogènes conduisant à stimuler des mécanismes de cardioprotection. Si cette hypothèse est vraie, elle implique que ce qui est crucial est l'apport initial de cellules et non leur survie. Il faut donc améliorer les techniques d'apport de ces cellules et c'est ce qu'il a tenté en utilisant un gel. Mais en plus de cela, il se pourrait que cela ouvre la voie à l'utilisation de cellules allogéniques, à condition qu'on puisse en retarder le rejet suffisamment longtemps pour qu'elles puissent exercer leurs effets. Et à plus long terme, il se pourrait que la mise en place de ces cellules ne soit plus nécessaire et que l'administration de leur " sécrétome " suffise.
Perspective à explorer
En mettant ensemble toutes ces réflexions, conclut Ménasché, il y a de quoi entrevoir tout un flux de recherches, y compris de recherche translationnelle, puisqu'en fin de compte, toutes ces innovations sont tentées pour amener un bénéfice aux patients.