" Marchez ", qu'ils disaient
Dire au patient porteur d'artériopathies périphériques qu'il doit marcher ne suffit pas. Mais si on lui propose un programme individualisé et qu'on le soutient dans son effort au cours du temps, il en tire un bénéfice appréciable.
L'exercice programmé peut améliorer les capacités physiques des patients souffrant d'artériopathie périphérique mais il n'existe pas beaucoup de programmes de ce type. Plus encore, leur impact sur la qualité de vie et la fidélité des patients à long terme n'est guère connu. Alain Prévost et al. (Bordeaux) ont créé un programme d'éducation thérapeutique et une version personnalisée de remise en condition à domicile pour les patients de ce type. Ils l'ont évalué périodiquement jusqu'à un an de suivi.
Personnaliser et soutenir
Les 46 patients qui ont participé à ce programme avaient un index bras-cheville inférieur à 0,9 d'un côté au moins et un périmètre de marche absolu (maximum possible même sous la douleur, ACD) inférieur ou égal à 500 m. Leurs facteurs de risque cardiovasculaires ont été contrôlés et stabilisés. Le programme était basé sur des exercices de remise en condition couplés à des sessions d'éducation. Au cours de celles-ci, des objectifs personnalisés étaient discutés avec le patient, de même que les modalités d'application du programme. Un coaching téléphonique une fois par semaine était assuré au cours des deux premiers mois.
Encore à un an
Leur score de qualité de vie (SF-36) s'est amélioré de manière significative et est resté stable. Leur distance de marche sur tapis roulant avant apparition d'une douleur (périmètre de marche initial, ICD) et leur périmètre de marche absolu se sont améliorés de manière significative sous l'effet du programme : à six mois, le gain moyen était de 138 m, soit 203% pour l'ICD et de 139 m, soit 84% pour l'ACD. Une dizaine de patients n'avaient pas tiré avantage du programme à trois mois pour ce qui était de leur ICD et de leur ACD mais leur score de qualité de vie s'est amélioré avec le temps. Il s'agissait de patients dont l'ACD à l'entrée de l'étude était parmi les plus faibles. A un an, le score de qualité de vie moyen de l'ensemble du groupe et les périmètres de marche (initial et absolu) continuaient à s'améliorer.