Et après l'hôpital ?
Que deviennent les patients qui ont quitté l'hôpital après un épisode de décompensation cardiaque, après un infarctus aigu ou après une pneumonie ?
Un des problèmes majeurs après une décompensation cardiaque, un infarctus ou une pneumonie, en particulier chez les patients âgés, c'est le risque de réhospitalisation. Mais chez quels types de patients ce risque existe-t-il le plus? Répondre à cette question suppose que l'on connaisse le devenir des patients après un séjour en milieu hospitalier pour ces maladies.
Trois millions
Dharmarajan et al. (USA) se sont attelés à la question au travers d'une étude rétrospective. Ils ont étudié dans les archives médicales de 4.767 hôpitaux, plus de 3 millions d'hospitalisations pour l'une de ces trois affections. Les patients, âgés de 65 ans ou plus, y avaient survécu. L'objectif des auteurs était de connaître le risque journalier absolu d'une première réadmission au cours de la première année qui suivait la sortie de l'hôpital. Pour illustrer la trajectoire des risques, ils ont cherché à identifier le délai nécessaire pour que le risque de réadmission et de décès ait diminué de 50% ou qu'il ait marqué un plateau dans son évolution. Ils ont également tenté de savoir si les risques étaient plus différents chez les patients ayant récemment quitté l'institution, de ce qu'il est dans la population générale âgée.
Rester vigilant
Les calculs montrent que dans l'année de la sortie de l'hôpital, la réadmission et le décès surviennent chez ce type de patients, à raison de 67,4% et 35,8%, respectivement, en cas de décompensation cardiaque. Pour l'infarctus aigu, les pourcentages correspondants sont de 49,9% et 25,1%. Pour la pneumonie, c'est 55,6% et 31,1%. Le risque d'une première réadmission a diminué de 50% au bout de 38 jours pour la décompensation cardiaque, 13 après un infarctus et 25 après une pneumonie. Le risque de décès a perdu 50% de son importance après 11 jours, 6 jours et 10 jours, respectivement. Mais le danger reste nettement plus élevé que dans la population générale. Il y a donc lieu de rester très vigilant après la sortie de l'hôpital, concluent les auteurs.