Hypertension chez les diabétiques : jusqu'où va le bénéfice ?
Si pour les lipides, " the lower " semble être " the better ", cela n'est pas le cas pour la pression sanguine, même chez les diabétiques.
Les recommandations mettent en avant depuis longtemps la nécessité d'un bon contrôle de la pression sanguine chez les patients diabétiques. Une méta-analyse publiée dans le JAMA vient d'en confirmer l'intérêt en termes de survie à long terme. Emdin et al. (Australie et UK) ont couvert dans cette méta-analyse plus de 100.000 patients, repris dans une quarantaine d'études jugées peu susceptibles d'être entachées par des biais et qui ont duré près de 50 ans.
Pour 10 mm Hg en moins ...
Ils ont conclu de cet imposant travail que chaque palier de 10 mm Hg en moins dans la pression systolique était associé à une diminution du risque de mortalité cardiovasculaire (Risque Relatif = 0,87), d'événements cardiaques (RR = 0,89), de maladie coronaire (RR = 0,88), d'AVC (RR = 0,73), d'albuminurie (RR = 0,83) et de rétinopathie (RR = 0,87).
En stratifiant les études en fonction de la tension systolique moyenne des patients au moment de leur enrôlement, selon qu'elle était supérieure ou inférieure à 140 mm Hg, il est apparu que les événements autres que l'AVC, la rétinopathie et l'insuffisance rénale étaient moins fréquents dans les études dont les patients présentaient la pression initiale la plus faible. L'association entre l'abaissement de la pression sanguine et les événements cardiovasculaires ne différait guère avec le type de médicament anti-hypertenseur, excepté pour l'AVC et l'insuffisance cardiaque. Voilà donc qui confirme largement les recommandations faites de longue date.
Jusqu'où aller ?
Dans un éditorial publié sous le même numéro du JAMA, B Williams (UK) rappelle le lien qu'il qualifie d'inextricable entre diabète et hypertension. C'est un constat, dit-il, qui date de 1929, et de nombreuses études ultérieures l'ont confirmé. Il souligne aussi que dans l'étude dont il est question plus haut, les patients dont la pression systolique est descendue en-dessous de 130mm Hg ont encore subi moins d'AVC et d'atteintes rénales, mais pas moins d'événements cardiovasculaires majeurs. Il n'y a donc sans doute pas d'intérêt réel, dans la plupart des cas, à descendre plus bas.