Combien de fois faudra-t-il le répéter ?
Les valeurs cibles de LDL chez les Européens à haut risque cardiovasculaire ne sont que trop rarement atteintes.
On a connu les études Euroaspire en prévention secondaire, qui montrent qu'après un infarctus, si la pratique n'est pas si mauvaise quant à certaines mesures, d'autres mériteraient qu'on s'y attarde un peu plus. Mais voici qu'une nouvelle enquête épidémiologique, l'étude EURIKA (European Study on Cardiovascular Risk Prevention and Management in Usual Daily Practice), qui concerne plus de 7.600 patients européens, jette un nouveau pavé dans la mare.
Plus de risques, moins de traitement
Une équipe multinationale emmenée par Julian Halcox (UK) a analysé le traitement et le niveau de contrôle des troubles lipidiques chez les patients à très haut risque de 12 pays du Vieux Continent. Après avoir calculé leur risque cardiovasculaire selon l'indice SCORE, ils ont identifié 5.019 d'entre eux comme étant à haut risque (SCORE ≥ 5% et/ou recevant un traitement hypolipémiant) et 2.970 autres comme étant à très haut risque (SCORE ≥ 10% ou diabétiques). Parmi les premiers, seulement 65,3% recevaient un traitement hypolipémiant et près des deux tiers d'entre eux (61,3%) n'étaient pas sous contrôle pour ce qui était de leur LDL. Quant aux patients à très haut risque, seul un sur deux (49,5%) recevait un hypolipémiant et 82,9% n'atteignaient pas la valeur cible pour le LDL. les experts ont estimé sur cette base, en s'appuyant sur le SCORE, que l'excès de mortalité liée aux maladies cardiovasculaires était de 0,72% et 1,61% chez les patients à haut risque et à très haut risque, respectivement. Seuls 8,7% des patients du premier groupe (haut risque) qui n'atteignaient pas le niveau cible pour le LDL, recevaient un traitement intensif par statine. Dans le groupe à très haut risque mal contrôlé pour le LDL, ils n'étaient que 8,4% à le recevoir.
Opportunité ou désastre ?
Les auteurs concluent de manière positive en disant qu'il y a là une formidable opportunité d'amélioration. Mais devant un tel désastre, on a tout de même envie de se dire : " combien de fois faudra-t-il le répéter ?".