Des défibrillateurs et des hommes
Derrière chaque défibrillateur automatique externe, il y a un ou des hommes. Et cela ne va pas toujours sans poser problème.
On trouve de plus en plus de défibrillateurs externes automatiques (AED) dans les lieux publics, et c'est une bonne chose. Les cardiologues, parmi d'autres, se sont d'ailleurs battus pour qu'il en soit ainsi. Mais le problème est-il pour autant résolu? Rien n'est moins sûr, si on en croit l'étude que viennent de publier Nishi et al. (Japon).
Une meilleure survie à un an
Ces auteurs ont collecté de manière prospective, de janvier 2006 à décembre 2012, des données concernant les arrêts cardiaques extrahospitaliers et la manière dont ils ont été pris en charge avant l'arrivée des secours d'urgence: avec ou sans défibrillateur externe automatique. Ils ont ainsi enregistré 10 cas d'utilisation d'un AED dans des situations de menace d'arrêt, et 273 dans des arrêts extrahospitaliers survenus en l'absence d'un technicien des urgences. Cela représente en tout 4,3% des arrêts extrahospitaliers en l'absence d'un technicien des urgences. Une défibrillation a été délivrée dans 33 cas, soit 13,3%. L'utilisation de l'AED disponible en public a augmenté le taux de survie à 1 an dans des conditions neurologiques favorables chez les personnes dont le rythme pouvait être soumis au choc électrique dès le départ mais pas chez ceux pour lesquels ce n'était pas le cas (les " non-chocables "). Quant aux appels aux urgences, ils étaient légèrement retardés par rapport à ceux des arrêts cardiaques extrahospitaliers pour lesquels il n'y avait pas eu de recours à un AED.
Les professionnels et les autres
L'analyse des enregistrements des défibrillateurs, qui furent disponibles pour 146 cas, a montré que le rythme de compression par minute était significativement plus lent dans le groupe des patients réanimés par des non-professionnels que chez les patients pris en charge par des professionnels. Dans ce même sous-groupe " non-professionnel ", les pauses dans les manoeuvres de secours étaient proportionnellement plus fréquentes. Il y avait de grandes variations de délai entre la mise en route de l'appareil et la première analyse électrocardiographique mais ce délai était significativement plus long en cas d'intervention menée par des non-professionnels.