Même en l'absence d'hypertension
Une étude montre que les patients atteints de diabète de type 2 sont moins susceptibles d'être victimes d'un infarctus du myocarde, d'un AVC ou d'un décès prématuré lorsqu'ils prennent des anti-hypertenseurs, même en l'absence d'hypertension.
Dans une revue systématique de la littérature avec méta-analyse qui avait pour objectif de mieux comprendre les associations entre un traitement anti-hypertenseur et les affections vasculaires chez les diabétiques de type 2, Emdin et al. (UK et Australie) ont montré que chaque palier de 10 mm Hg en moins dans la pression systolique correspond à une baisse du risque cardiovasculaire chez ce type de patients.
Un gain plus qu'appréciable
Une quarantaine de revues ont pu être prises en compte. Pour une baisse de 10 mm Hg, le risque de décès prématuré diminuait de 13%, celui d'infarctus de 11% et celui de maladie coronaire de 12%. Quant au risque d'AVC, il reculait de 27%. Mais ce n'est pas tout: dans les mêmes conditions, le risque d'albuminurie s'abaisse de 17% et celui de rétinopathie de 13%. L'effet positif du traitement est plus faible chez les patients qui ont la pression sanguine la plus basse. En stratifiant les patients sur base de leur pression systolique initiale, selon qu'elle se situe au-dessus ou en-dessous de 140 mm Hg, les auteurs parviennent au constat que le risque relatif, sauf pour l'AVC, la rétinopathie et l'insuffisance rénale, est moins diminué chez les patients qui ont une pression plus élevée au départ que chez ceux dont la systolique initiale est plus basse. Ces derniers sont en fait des patients qui, selon les critères classiques, ne sont pas hypertendus. On sait que les recommandations les plus récentes de l'ESC proposent de démarrer le traitement anti-hypertenseur chez le diabétique à partir de 140 mm Hg ou plus. Voilà que ceux qui sont en-dessous en tirent un meilleur bénéfice.
Jusqu'où aller ?
L'étude est suffisamment remarquable pour avoir suscité la rédaction d'un éditorial. Dans celui-ci, Williams souligne l'importance de la notion et se demande jusqu'où on peut aller dans l'abaissement de la pression sanguine. On a un peu l'impression d'entendre un écho de la question posée à propos des traitements hypolipémiants : "the lower, the better ? ". L'avenir nous permettra sans doute de répondre à cette question.