La télémédecine passée au crible
Il y a plusieurs manières de surveiller ou de soutenir à distance les patients souffrant d'affections chroniques. Quel est l'apport de chacune ? Une étude vient de tenter une première analyse des données disponibles.
La vague est en marche et déferlera tôt ou tard chez nous. La télémédecine semble destinée à prendre une place au sein des nouvelles technologies qui feront progresser la prise en charge des maladies chroniques. Mais quelle place au juste prendra-t-elle ? En fait, la question reste ouverte parce qu'il existe plusieurs technologies différentes utilisables pour une population souffrant d'une pathologie donnée.
Dix mille patients
Un groupe de l'Université d'Ottawa vient de réaliser une revue systématique de la littérature avec méta-analyse, concernant les patients en insuffisance cardiaque. Les membres de cette équipe ont recherché et analysé de cette manière les études reprenant l'utilisation du téléphone, du télémonitoring, du vidéomonitoring ou du monitoring électrocardiographique pour ce type de patients. Les études retrouvées étaient prises en compte si elles fournissaient des informations sur la mortalité en tant qu'issue primaire ou sur les hospitalisations pour toute cause et les hospitalisations pour décompensation cardiaque. Les 30 essais cliniques randomisés qui purent ainsi être retenus totalisaient 10.193 patients.
Bénéfique mais avec des nuances
Par rapport aux soins classiques, un soutien téléphonique structuré des patients s'est avéré capable de réduire la mortalité et les hospitalisations pour décompensation cardiaque. Le télémonitoring s'est également montré capable de diminuer la probabilité de décès et les hospitalisations liées à la décompensation cardiaque, par rapport à une sortie d'hôpital ordinaire. L'impact du monitoring ECG allait dans le même sens également, du moins pour ce qui concerne les hospitalisations. Mais les auteurs de cette analyse font remarquer que les informations sur le soutien téléphonique et le télémonitoring sont de loin les plus abondantes. Il y a donc là une limitation pour ce qui concerne les autres techniques, pour lesquelles ils ont disposé de données nettement moins nombreuses.