A comportement égal, risque différent
Les personnes originaires du sud de l'Asie et vivant en Europe ont un risque cardiovasculaire accru, par rapport aux Européens qui ont le même type de comportement de santé qu'eux.
On n'apprendra rien à personne en disant que les comportements de santé ont une influence sur le risque cardiovasculaire. C'est en tout cas vrai pour les populations européennes mais qu'en est-il pour des personnes d'autre origine vivant en Europe ? Dans la mesure où les individus originaires du sud de l'Asie qui vivent en Europe ont un risque accru de maladie coronaire et de maladie cardiovasculaire par rapport aux Européens, il était intéressant de se poser la question.
Un comptage précis
C'est ce qu'ont fait Eriksen et al. (UK) à propos des personnes de cette origine qui vivent au Royaume-Uni. Ils ont rassemblé dans une étude prospective 1.090 Européens et 1.006 sud-Asiatiques âgés de 40 à 69 ans, indemnes de maladie cardiovasculaire, et les ont suivis pendant 21 ans jusqu'en 2011. Au cours de cette longue période, ils ont enregistré 601 événements cardiovasculaires, à savoir 255 chez les Européens et 346 chez les sud-Asiatiques. Parmi ces événements, 520 correspondaient à des problèmes coronaires (207 pour les Européens et 313 pour l'autre groupe). Les participants étaient évalués sur une échelle de 0 à 4 points pour un score composite comprenant 4 comportements de santé de base : ne pas fumer, consommer modérément de l'alcool, être physiquement actif, manger fréquemment des fruits et légumes.
Un échelon plus haut
Les rapports de risque (hazard ratio) pour la maladie coronaire incidente chez les Européens qui avaient 3, 2,1 et 0 des comportements de santé considérés étaient de 1.33, 1.96, 1.36 et 2.45, respectivement, par rapport aux personnes qui adoptaient les quatre comportements. Chez les sud-Asiatiques, ces chiffres étaient de 2.88, 2.28, 3.36 et 3.48, respectivement. Les résultats étaient du même type pour les maladies cardiovasculaires considérées de manière plus globale. A comportement équivalent, il y a donc bien chez les sud-Asiatiques vivant au Royaume-Uni un risque cardiovasculaire accru.