La vitamine D ne modifie pas la pression sanguine
A la lecture d'études prises individuellement, on a parfois l'impression que telle ou telle mesure préventive ou thérapeutique apporte des effets bénéfiques. Mais les méta-analyses peuvent arriver à la conclusion contraire. C'est ce qui vient encore d'arriver avec une revue de la littérature concernant les effets de la vitamine D sur la pression sanguine.
Les résultats des études concernant l'effet de la vitamine D sur la pression sanguine sont jusqu'ici contradictoires. Certaines d'entre elles concluent à un effet hypotenseur, alors que d'autres ne retrouvent pas cet effet.
Globalement et individuellement
Afin de trancher dans ce débat, Louise Beveridge et ses collègues de l'université de Dundee (UK) ont entrepris une revue systématique de la littérature. Ils viennent de publier leurs résultats dans le JAMA International Medicine (online first). Ils ont inclus dans cette revue toutes les études randomisées, contrôlées contre placebo, qui ont fait appel à une supplémentation en cette vitamine pendant au moins quatre semaines, quelle qu'en soit l'indication, et qui fournissent des données sur la tension artérielle. Qu'elles aient utilisé une forme active ou inactive de la vitamine D, ou encore un analogue, ces études étaient prises en compte. Au total, 46 publications totalisant un ensemble de 4.541 patients purent être introduites dans une méta-analyse. Mieux encore, 27 d'entre elles fournissaient des données individuelles, pour un ensemble de 3.092 personnes.
Aucun argument
Au niveau des essais cliniques pris comme tels, la méta-analyse n'a détecté aucun effet significatif des suppléments en vitamine D sur la pression sanguine systolique ou diastolique. Dans l'analyse des données individuelles, aucun effet n'est apparu non plus. Et l'analyse de différents sous-groupes n'a permis de faire ressortir aucun facteur prédicteur d'une meilleure réponse à la prise de suppléments, même pas un paramètre initial qui permettrait d'espérer un bénéfice. Les auteurs considèrent donc que dans leur revue de la littérature avec méta-analyse, ils n'ont pu trouver aucun argument pour soutenir la prescription de suppléments de vitamine D à visée hypotensive.