Le coeur des patients sous dialyse péritonéale
L'analyse des paramètres des patients en dialyse péritonéale permet d'espérer améliorer leur évolution cardiaque.
Les problèmes cardiovasculaires sont la principale cause de morbidité et de mortalité chez les patients en dialyse péritonéale. L'hypertrophie ventriculaire gauche (LVH), par ailleurs, est un prédicteur majeur d'événements cardiovasculaires. Une équipe de chercheurs israéliens a voulu savoir quels pouvaient être les facteurs de risque qui contribuaient au développement d'une LVH et quels en étaient les seuils (cutt-offs) à prendre en compte chez les patients en dialyse péritonéale.
Une fouille en règle
Ils ont examiné dans une étude transversale, pas moins de 23 variables anthropologiques, biologiques et cardio-fonctionnelles chez 38 patients en dialyse péritonéale. Une hypertrophie ventriculaire gauche a été détectée chez 57,9% de ces patients. Une analyse de régression logistique et une analyse ROC (receiver operating characteristics) ont été menées. Elles ont révélé que l'HbA1c, le PGLI (peritoneal glucose load index), la surcharge liquidienne, le BNP plasmatique, le hsCRP et l'IL-6 sont des prédicteurs potentiels de l'hypertrophie ventriculaire gauche. Les cutt-offs pour ces paramètres sont, dans l'ordre de ceux qui viennent d'être cités : 7,5% ; 3,2 mg/kg/j ; 1,7 l ; 330 pg/ml ; 7,5 mg/dl et 3,3 pg/ml. La sensibilité de ces critères va de 72,8% à 81,8% et la spécificité, de 75,0% à 93,8%, selon le paramètre considéré.
Des suggestions
Ces résultats fournissent des suggestions sur la manière de conduire la dialyse péritonéale. Il faut en effet veiller à réduire autant que possible la charge péritonéale en glucose, à améliorer le statut d'hydratation et à atténuer le processus inflammatoire en vue de limiter le risque d'apparition d'une hypertrophie ventriculaire gauche chez les patients en dialyse péritonéale.