Foie et coeur, même combat ?
Les gamma-GT pourrraient bien faire figure de prédicteur de maladies cardiovasculaires chez les diabétiques âgés.
Y aurait-il une relation entre les affections cardiovasculaires prévalentes et incidentes d'une part, une affection hépatique chronique, d'autre part, chez les sujets âgés atteints de diabète de type 2 ? Cette question peut paraître saugrenue à première vue mais en y regardant de plus près, elle est parfaitement pertinente. En effet, disent Morling et al. (UK), on constate une plus forte mortalité dans la population générale chez les personnes qui souffrent de NALFD (non-alcoholic fatty liver disease) que chez les autres. Et chez les diabétiques, plus particulièrement, l'existence d'une éventuelle relation entre cette atteinte hépatique et les maladies cardiovasculaires pourrait expliquer la plus forte prévalence de ces deux affections.
Une seule association intéressante
L'équipe écossaise a donc réuni dans une étude 1.066 participants âgés de 60 à 75 ans et souffrant de diabète de type 2. Des examens divers à la recherche d'atteintes hépatiques telles que lésions aspécifiques, stéatose, stéato-hépatite, fibrose et hypertension portale, ont été subis par 939 d'entre eux (88%) un an après leur entrée dans le groupe et des données précises concernant la fibrose étaient disponibles pour 679 participants. Ces personnes furent ensuite suivies pour l'enregistrement des événements cardiovasculaires qu'elles pourraient encourir. Au départ, 370 d'entre elles étaient déjà atteintes au niveau cardiovasculaire, dont 317 souffrant de maladie coronaire. Au terme d'un suivi moyen de 4,4 ans, le risque de décès ou de maladie cardiovasculaire n'était pas plus élevé chez ceux qui présentaient une stéatose que chez ceux qui n'en avaient pas. La seule association digne d'intérêt était celle que les auteurs ont pu trouver entre les γ-GT et les événements cardiovasculaires : le hazard ratio (HR) pour un doublement du taux de ces enzymes pour les événements incidents était de 1,24 (1,33 pour la maladie coronaire).
Mais pas d'explication
Ce constat incite donc, selon les auteurs, à explorer plus avant l'éventuelle existence d'une association indépendante entre les γ-GT et la survenue d'affections cardiovasculaires. Si cela se confirmait, on disposerait là d'un outil supplémentaire pour la prédiction des événements cardiovasculaires chez les patients diabétiques. Mais on ne dispose actuellement pas d'arguments en faveur d'un lien physiopathologique ou clinique entre les deux maladies.