Bloc gauche et fraction d'éjection
Un bloc de branche gauche n'est pas sans conséquences sur la fonction ventriculaire du même côté. Mais peut-on prédire ces conséquences ?
On s'intéresse depuis quelque temps déjà aux conséquences délétères du bloc de branche gauche sur la fonction systolique ventriculaire gauche. Dans ce contexte, Jazi et al. (Iran) viennent de publier une étude concernant les facteurs sous-jacents qui pourraient permettre de prédire la détérioration de la fraction d'éjection ventriculaire gauche (LVEF) chez les patients atteints d'un bloc complet de la branche gauche.
En trois mois
Ces auteurs ont réuni rétrospectivement 220 patients consécutifs chez lesquels le diagnostic de bloc ce branche gauche avait été posé sur base de l'électrocardiogramme et qui avaient été référés au centre cardiologique de la province d'Isfahan au cours de l'année 2013. Ils devaient avoir bénéficié d'au moins trois évaluations échocardiographiques au cours d'un suivi de 3 mois et montrer une LVEF supérieure à 50%, mesurée de manière fiable, au moment de la première de ces évaluations. La détérioration de la fonction ventriculaire gauche a été définie par les chercheurs comme une diminution d'au moins 10% de la LVEF entre le niveau de départ et le suivi échocardiographique.
Deux sur cinq
Sur ces 220 patients, 40% ont accusé une telle dégradation fonctionnelle au cours des 3 mois de suivi. Parmi les patients ayant montré cette évolution, le rapport hommes/femmes était plus élevé que dans le groupe mieux préservé. Le score NYHA était plus élevé et la tension systolique plus marquée. Les patients porteurs d'une maladie coronaire avaient une moins bonne LVEF que ceux qui en étaient indemnes. Une association néfaste a pu être mise en évidence entre une pression systolique élevée et la fraction d'éjection ventriculaire gauche, ainsi qu'entre la classe NYHA et la LVEF.
Quatre prédicteurs
L'analyse de régression a montré que les prédicteurs probables de la régression de la fonction ventriculaire gauche étaient le sexe masculin, les antécédents d'hypertension systolique, un grade NYHA élevé et la maladie coronaire. Ce constat constitue la conclusion des auteurs.