Vous prendrez bien un petit verre ?
Une imposante revue de la littérature en physiopathologie remet les horloges à l'heure concernant le lien entre consommation modérée d'alcool et protection cardiovasculaire.
La consommation modérée d'alcool, c'est bien connu, est associée à un risque diminué de maladie coronaire. Mais par quel(s) mécanisme(s) cela passe-t-il ? Pour avoir une vue d'ensemble de la réponse à cette question, Mathews et al. (Afrique du Sud) ont mené une revue de la littérature en se concentrant sur les études qui explorent la pathogénèse de la maladie coronaire. Ils ont ensuite approfondi l'analyse de 294 études de cohorte fournissant des données sur les biomarqueurs associés à un risque accru, ou au contraire diminué, de maladie coronaire. Au total, les études ainsi retenues concernaient 1.161.560 patients.
Un modèle revu et corrigé
Les auteurs ont alors élaboré un modèle des interactions sous-jacentes de la maladie coronaire et de la consommation modérée d'alcool. Ce modèle est même simplifié, considèrent les auteurs, par rapport aux notions prises en considération jusqu'à présent. il faut toutefois reconnaître que lorsqu'on examine la carte de ces interactions, le graphisme proposé reste relativement complexe. Mais il a l'avantage de mettre mieux en lumière que précédemment les influences respectives de l'alcool sur une série de processus physiologiques ou physiopathologiques, comme la vasodilatation et l'inflammation, par exemple. Il examine également le rôle de l'alcool dans la sensibilité à l'insuline, sur les taux d'adiponectine et sur l'oxydation des graisses au niveau musculaire. La gluconéogénèse est modifiée elle aussi par le breuvage en question. Il y a des modifications du taux de fibrinogène et, d'une manière plus générale, de la coagulation. De nombreux biomarqueurs sont également modifiés par l'alcool citons un peu en vrac l'IGF-1, le HDL, le BNP, les LDL, l'hémoglobine glyquée et bien d'autres encore. Ces modifications se font dans le sens de la hausse ou de la baisse, selon les cas.
Une vue d'ensemble bien méritée
Voilà un long article de 12 pages en open access qui, s'il ne décourage pas les curieux, leur permettra, considèrent les auteurs, d'avoir une meilleure vue d'ensemble sur les mécanismes qui lient la consommation modérée d'alcool à une relative protection contre la maladie coronaire.