Après l'arrêt cardiaque
Quelles sont les conséquences pour la qualité de vie et les fonctions cognitives chez les patients victimes d'un arrêt cardiaque extra-hospitalier ?
On pourrait penser que les suites d'un arrêt cardiaque en termes de qualité de vie et de fonction cognitive après un arrêt cardiaque extra-hospitalier dépendent en partie de la méthode de réanimation, en particulier de la température à laquelle on a maintenu le patient en soins intensifs.
Trente-trois ou trente-six
Un groupe international de chercheurs européens et australiens a mené une étude pour vérifier cette hypothèse. Il publie ses résultats dans le Jama Neurology (online) avec Cronberg (Suède) comme premier auteur. L'étude était construite en mode multicentrique, avec groupes parallèles, randomisée et évaluateurs restant anonymes. Entre le 11 novembre 2010 et le 10 janvier 2013, 950 patients adultes inconscients, victimes d'un arrêt cardiaque de cause présumée cardiaque ont été enrôlés. Onze patients ont dû être finalement exclus, ce qui en laisse 939 pour l'analyse. Certains patients ont été maintenus à 33°C, d'autres à 36°.
Pas de différences mais ...
Sans tenir compte des patients décédés et en évaluant le groupe en " intent-to-treat ", le score moyen au Mini-Mental State Examination (MMSE) à 6 mois était de 28 dans les deux groupes. Le score IQCIDE (Informant Questionnaire of Cognitive Decline in the Elderly) était très proche dans les deux groupes (79,5 à 33°C et 80,7 à 36°C), révélant un léger déficit. Au total, 18,8% des patients survivants du groupe " 33 " et 17,5% dans le groupe " 36 " reconnaissaient avoir besoin d'aide dans leurs activités quotidiennes. Mais 66,5% et 61,8%, respectivement, déclaraient avoir totalement récupéré sur le plan mental. La qualité de vie était bonne et comparable d'un groupe à l'autre. On peut donc considérer, estiment les auteurs, que la fonction cognitive était similaire dans les deux groupes, mais des altérations non repérées avec les méthodes habituelles ont tout de même été détectées.