Encore une revue sur les NOACs ?
On a déjà lu beaucoup de revues d'ensemble sur les nouveaux anticoagulants. Celle que nous reprenons ici a sans doute un mérite, c'est d'avoir été écrite non pas par des cliniciens mais par des biologistes cliniques. Cela donne sans doute un éclairage un peu différent sur la question.
Les nouveaux anticoagulants oraux (NOACs) ont sans conteste permis de faire un grand pas en avant dans la maîtrise du processus de coagulation, dans toute une série de contextes qui en font aujourd'hui les indications reconnues. On connaît la difficulté de faire la part des choses entre le risque d'hémorragie et celui de la thrombose, chaque fois que l'on décide de recourir à l'anticoagulation. Mais ici encore, les NOACs ont facilité la tâche des soignants et des patients en permettant de s'abstenir des contrôles fréquents qu'imposaient leurs prédécesseurs.
Un autre éclairage
Dans une revue de la question, qu'ils publient dans les Achives of Pathology and Laboratory Medicine, Gehrie et Tormey (USA), reprennent les comparaisons déjà moult fois évoquées dans d'autres revues. Ils comparent également les profils de sécurité des NOACs, et ils ne sont certes pas les premiers à le faire. Nous n'insisterons donc pas sur ces aspects. Par contre, ce qui nous semble plus intéressant parce que nous avons affaire à des biologistes cliniques, c'est qu'ils abordent les méthodes de laboratoire concernant les mesures des taux sanguins et les circonstances dans lesquelles elles peuvent s'avérer utiles. Ils font également le point sur la réversibilité de l'anticoagulation avec ces NOACs. Cet aspect également nous paraît important puisque certains spécialistes avaient eu quelque petite frilosité en évoquant, lorsque ces médicaments sont apparus sur le marché, l'absence d'antidote.
Des pistes intéressantes
C'est ainsi que l'on apprend qu'il peut être intéressant de mesurer la présence des NOACs dans le sang chez certains patients aux poids extrêmes, ou chez les polymédiqués, ou encore chez des patients dont le profil type n'a pas été inclus dans les essais cliniques. Quant à la réversibilité, il existe aujourd'hui des pistes et la frilosité initiale peut ainsi être quelque peu " réchauffée".